Les guerres éternelles


 
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 Renaissance...

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Ayaë Kihira
¤ Ange déchue du 8eme cercle

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MessageSujet: Renaissance...   Jeu 17 Avr - 22:17

[... Ou le Retour d'Ayéyé !! (Vi vi, avec un grand 'R', s'il vous plaît ! xP).
[Surtout qu'c'est sa fête demain. 18 Avril => Saint Parfait. Ahem.]
[Brefouille. Je disais donc, le retour de l'aut' folle... ]
[Faites place !!]
[ Twisted Evil ]


---------------------------



Ayaë avait besoin de s’éloigner. Un besoin inexpliqué mais surtout incontournable. Un besoin de réfléchir. Trop d’évènements avaient eu lieu. Elle se sentait submergée par des sentiments si contradictoires qu’elle commençait presque à douter de la réalité de sa situation. Elle avait croisé trop d’Anges envers lesquels elle n’avait éprouvé cette haine qu’elle croyait pourtant leur porter. Elle avait l’impression que ce chemin, cette voie devant elle, la seule chose qu’en tant qu’aveugle elle pouvait voir, son destin, disparaissait. Sa liberté d’esprit et d’action si durement conquise fuyait devant elle. La Déchue se mit à douter. D’elle-même et de sa raison. Il fallait qu’elle parte. Loin. Là où personne ne la retrouverait, et où elle pourrait se recomposer. Enfin.


Les sommets constamment enneigés des chaînes de l’Himalaya étaient l’un des endroits les plus inhospitaliers de la Terre. Outre le froid extrême qui y régnait tout au long de l’année, ses habitants, pour la plupart des carnivores redoutables, dissuadaient jusqu’au plus téméraire des humains. Les rares pionniers qui, attirés par cet endroit au panorama magnifique et à l’air plus pur que n’importe où sur la planète que l’on y respirait, s’étaient pourtant bien vite découragés.
C’était là qu’Ayaë avait fui. Loin de toute civilisation, en ces lieux que même la bêtise humaine n’avait pas réussi à détruire. Pas encore. A bien y réfléchir, c’était l’endroit parfait pour l’aveugle... Ce monde aussi merveilleux que sauvage et solitaire reflétait parfaitement ce qu’elle était...


L’Ange Déchue avait disparu depuis quelques mois déjà. Les rares personnes la connaissant avaient bien tenté de la retrouver, mais l’ampleur de la tâche les avait fait abandonner bien vite. On avait fini par déclarer qu’Ay s’était fait tuée par des Anges, sans aucune autre précision.
Mais, l’aurait-on recherchée avec plus d’application, le résultat aurait été le même. Car Ayaë n’était plus Ayaë. Elle était bien plus. Et bien moins. Un animal sauvage aux perceptions inimaginables, ne ressentant aucun sentiment autres que ceux liés directement à sa survie, voilà ce qu’elle était devenue. L’once avait gagné. Ou plutôt, l’aveugle s’était laissée refouler au plus profond d’elle-même. Son existence n’était plus qu’un vague souvenir –peut-être même croyait-elle que ce n’était qu’une illusion– dans sa conscience endormie. Le félin qu’elle était aurait pu tuer un de ses meilleurs amis –encore aurait-il fallu qu’elle en eût– elle ne s’en serait même pas aperçue. Elle n’était tournée que vers une seule pensée, un seul absolu : elle-même. Le mot ‘égoïste’ aurait pu lui sembler magnifique si elle s’embarrassait encore de mots. Si elle en avait encore eu la possibilité.


Il n’y avait rien là où elle était. Rien du tout. Pas d’entrée, pas de sortie, pas de limite, pas de bruit, pas d’odeur, pas de goût. C’était à la fois infini et minuscule. C’était la solitude. La solitude absolue. Alors que ses sens disparaissaient, elle devenait ses racines et son terme, son propre univers. Ses pensées s’étaient depuis longtemps atrophiées, la folie l’avait guettée avant de déferler sans qu’elle ne puisse la combattre. Elle était seule. Complètement seule. Et c’est au milieu de cette solitude et de ce vide absolu qu’elle commença à redevenir elle-même.


Le vieil homme se figea. Devant lui, sur le sentier enneigé où il peinait à avancer, se dressait un félin. Un animal énorme à la fourrure aussi blanche que la neige et au regard rougeoyant étrangement vide. Une once. La dernière fois qu’il en avait vu une, il était tout gamin. Et c’était bien plus haut dans la montagne. D’ailleurs cette espèce n’était-elle pas censée être éteinte depuis plus d’un demi-siècle ?
Il fit un pas en arrière. S’il s’interrogeait sur la présence de cette créature, il n’en oubliait pas moins les dangers qu’elle pouvait représenter. Il se figea de nouveau. L’once n’avait pas bougé mais un rictus lui déformait maintenant la gueule. Un rictus que le vieil ermite, pour surprenant qu’il fût, n’eut aucun mal à comprendre : le félin lui souriait. L’homme ferma les yeux, histoire de disperser cette vision idiote. L’animal lui semblait si amical, si humain en soi, qu’il avait presque eu l’envie d’aller se blottir dans si fourrure si soyeuse. Idiotie.
Il ouvrit les yeux. La panthère avait disparu, comme une ombre, comme un rêve qui s’efface au réveil. D’ailleurs, le vieil homme devait avoir rêvé. Seulement, les traces de pas dans la neige, légers et pourtant bien réels, l’empêchaient de s’en convaincre.
Il reprit son chemin. Plein d’interrogations. Heureux.


Sa rencontre avec le vieil homme avait achevé la reconstruction d’Ayaë. Elle marchait maintenant innocemment dans une des banlieues les plus reculées, et certainement une des plus mal famées, de Pékin, plus libre que jamais. Un poids avait disparu en elle. Elle avait pris conscience du vide dans lequel vivait l’animal en elle. Ce vide atroce, ce vide... vide. Au pire sens du terme. Elle n’aurait voulu faire subir une telle chose, celle qu’elle avait vécue, à personne. (Sauf peut-être à certains Anges, mais c’était une autre histoire). Elle-même ne savait pas comment elle s’en était sortie. Et donc, enfin libérée, Ayaë se sentait légère. Légère car le félin en elle n’était plus en tant que tel. Plus de tension inutile à longueur de journée. La Déchue ne l’était plus qu’à moitié. L’autre part d’elle-même était panthère. Elle était les deux à la fois. Constamment. Et son apparence n’en était que plus singulière.


L’aveugle était de nouveau ce qu’elle devait être. Elle maîtrisait de nouveau sa voie, ses choix, son destin. Elle n’éprouvait toutefois pas encore l’envie de retourner ‘chez elle’. Le monde des humains lui suffisait. Pour l’instant.
Ayaë se laissa tomber sur un banc. S’étira dans un mouvement incontestablement félin. Ferma les yeux, même si, techniquement, ça ne lui servait à rien. Elle se sentait tellement bien...
Une main se posa brusquement sur son épaule. Pressante. Ayaë ne daigna même pas sursauter.


- You... Come with me. We will play together...

La voix était grave. Les paroles, prononcées dans un anglais sommaire. On avait du voir en Ay une étrangère. Ce qui n’était pas totalement faux... Le ton de la personne était porteur d’une solide assurance. Et d’une menace à peine voilée.

- J’ai pas envie.

L’Ange s’était exprimée dans un chinois parfait, mais l’homme –oui, homme, sa voix était indéniablement masculine– n’eut pas le temps de s’en étonner. La Déchue, indifférente, ou inconsciente, tout dépend du point de vue, du danger qui paraissait peser sur elle, avait en effet saisi un des doigts qui lui tenaient l’épaule et avant de le tordre sauvagement. Un craquement sec retentit. L’individu grogna de douleur avant d’attraper violemment le bras de l’aveugle et de l’attirer vers lui. Ayaë ne résista pas, au contraire. Elle se laissa entraîner jusqu’à frôler l’humain. Il était bien plus grand qu’elle, ce qui n’était pas vraiment un exploit, mais elle n’eut aucun mal à lui passer un bras derrière le cou. Elle se plaqua contre lui et se mit sur la pointe des pieds pour lui murmurer à l’oreille...

- Tu commences à m’irriter sérieusement, mon chou. Il me semble pourtant t’avoir déjà parlé du fait que traîner avec un imbécile dans ton genre me m’emballait pas vraiment. Pas que je ne t’aime pas, vois-tu, mais plutôt que, si je devais m’amuser avec tous les rigolos que je croise, je n’aurais plus une minute pour moi. Enfin bref. Tout ça pour te dire que j'ai l’impression que tu as malgré tout quelques difficultés à saisir le sens de mes paroles, pourtant si peu sibyllines. Dans ce cas, je vais me mettre à ton niveau et me montrer plus concise : dégage.

L’homme mit quelques secondes à comprendre le sens des paroles de la Déchue. Et quelques minutes supplémentaires à se décider. Suivre son instinct ou bien son envie ? Finalement, c’est la bêtise qui l’emporta sur la raison. Il ricana et entraîna de nouveau Ayaë.
Il n’avait pas fait un pas qu’une douleur atroce l’arrêta tout net.


- Je me répète, et c’est la dernière fois. Dégage. Ou je te tue.

L’aveugle était toujours aussi calme. Sa voix, joyeuse, tout comme son visage et son sourire, tranchait curieusement avec le sens de ses paroles. Devant l’absence de réaction de son interlocuteur, elle pinça de nouveau le nerf qu’elle sentait sous ses doigts. Le nerf situé dans la nuque de l’homme. Homme qui tressaillit encore de douleur. Comment une personne si frêle pouvait-elle lui faire éprouver une telle douleur d’une simple caresse dans le cou ?

- Je t’aurais prévenu...

Après une brève hésitation, l’humain décampa le plus vite qu’il put, abandonnant toute fierté. Cette fille était jolie, certes, mais elle était surtout folle à lier. Et dangereuse, de surcroît.
L’aveugle retourna s’asseoir sur le banc. Satisfaite. Quelques mois auparavant, elle n’aurait pas su se contrôler ainsi. Elle aurait usé de ses pouvoirs pour se sortir d’un tel problème. Mais plus maintenant. Elle avait changé, c’était indéniable.




[Valà... Désolé, j'n'étais pas trop inspirée pour mon premier post ici depuis... longtemps, dira-t-on... u_u']
[Mais, tout de même... Viens qui peut veut ! Razz ]
[Et pis, comme on dit... Plus on est de fous plus on tape rit !! Suspect ]
[Oui, mon cas s'est aggravé. Je le reconnais. What a Face ]
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Eyaël
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MessageSujet: Re: Renaissance...   Sam 19 Avr - 22:57

[bah si t'étais pas inspiré, moi non plus xd]

Le vent est versatile, tantôt il se fait douce brise d’été au délicat toucher, tantôt il est effroyable tempête, détruisant tout sur son passage, insensible aux cris atrophiés des hommes ; tel était ce que l’on pourrait appeler le destin : un vent qui virevolte, se tord en tout sens et inexorablement, brise toute résistance qu’on à la vanité, la présomption de lui opposer. Personne n’échappe à cette règle. Ni les hommes, ni les elfes, pas même les anges et les démons. Et finalement, toutes les existences se rejoignaient en un seul vent, un unique destin ; tous étaient destinés au trépas et à l’appel irrésistible des froides sépultures de marbres gris et noir. Il n’y avait qu’une seule issue à la vie, la mort. Le seul acte que l’on est capable de faire est d’accepter sereinement cette fatalité. Mais alors, à quoi servait l’existence ? Quel était le but de vivre, d’endurer toutes ces souffrances, ces joies éphémères bien vite oubliés comme des images évanescente ? Une nouvelle fois, on retrouvait cette question de métaphysique qui déjà tant de fois avait été poser et était devenu presque une banalité. Banalité certes, mais non moins essentiel, car dans cette unique question, résidait les fondements même de l’existence ; si aucune réponse n’était apporté, ne restait qu’une sournois sentiment de vacuité. Et tout séraphin de la sagesse qu’il était, Eyaël lui-même n’avait pas d’explication sur la vie. En dépit de son titre honorifique, il n’y avait rien de sage en lui, du moins le pensait il en survolant une tourbière où se mêlaient pêle-mêle étangs d’un bleu azur, troublé par le battement presque imperceptible des poissons qui peuplaient cette fange, et bruyères ocre, brûlées par l’astre divin qui luisait dans le ciel. Le séraphin ne savait pas où il se trouvait ; cela faisait des heures, des jours même qu’il volait sans s’arrêter, s’efforçant de lutter contre le désir d’assouvir ses besoins les plus primaires ; ces besoins qui le rabaissaient au rang d’animal. Il n’avait pas besoin de se nourrir, ni même de boire, Eyaël avait besoin de réfléchir. Réfléchir non seulement sur sa vie, mais sur ce qu’il avait fait jusque là ; jusqu’où ses pas l’avaient il donc conduit ? Le séraphin voulait en avoir le cœur net ; depuis peu, ses convictions même les plus profondes s’effritaient les unes après les autres. Depuis ce moment, ce fatidique instant où il n’avait su résister à la concupiscence qui l’avait animé et dévoyé de l’éthique qu’il s’était appliqué tout au long de sa vie de respecter.

Eyaël revoyait encore l’image du démon qui gisait à ses pieds, crachant son sang et laissant écouler de son corps ce suave liquide vitale ; il se rappelait avec une netteté diabolique et sordide les moindres détails de la scène : les cris agonisants des sacrifiés tombés au champ d’honneur, les murs écarlates et dégoulinants de sang, la noirceur machiavélique du ciel déversant un flot de terreur et de désespoir, le visage déformé et railleur de son adversaire lorsqu’une lame acéré –la sienne- avait pénétrer en lui, le sentiment d’extase mêler au dégoût de l’acte qui l’avait envahi ; et toutes ces images formaient un tourbillon kaléidoscopique dans l’esprit maladif d’Eyaël ; elles le hantaient, le torturaient de la manière la plus effroyable qui soit. Ces preuves de la faiblesse du séraphin s’étaient immiscées au plus profond de lui et le dévoraient peu à peu sans qu’il ne puisse faire quoique ce soit. Impuissant, Eyaël assistait à son flétrissement graduel, quasi imperceptible, mais terriblement douloureux.

Brusquement, comme si une main malhabile avait décidé de modeler le paysage, la tourbière s’arrêtait brusquement et laissait place à une gigantesque plaine qui se perdait au loin. De vague colline -d’ailleurs plus proche de tertres que de collines- ondulaient sur la plaine, semblable à des fantômes splénique qui déroulaient paresseusement leur informe silhouette ; un pâle soleil brillait à l’horizon tandis qu’une lourde atmosphère régnait. Nul vent ne balayait cette plaine inhospitalière et peupler de petits animaux. Ca et là, des arbres faméliques entourés de halliers dressaient leur silhouette et participaient à l’austérité effrayante des lieux.
Eyaël s’arrêta un vague instant pour embraser le splénique paysage qui s’offrait à lui. Cette vue était semblable à son âme, nue, stérile, en proie au doute et effleurait par le vent torride du désespoir ; nul ne vivait dans le cœur de l’ange, à l l’image de la désolation qu’il contemplait d’un œil distrait, préoccuper par bien d’autres futiles choses. Insensible aux lieux, le séraphin avait repris son interminable route qu’il était le seul à percevoir. Ce chemin tortueux, il l’apercevait clairement à présent et il se devait de le suivre. Il comprenait enfin le sens qu’avait sa vie, finalement, cet exil sur la terre vile et pleine de malice des hommes n’aurait pas été vain.
Il s’était tromper, la vie n’était pas semblable au vent, instable et changeant, la vie ressemblait à l’immuable mer qui patiemment assiégeait la terre, attaquait inlassablement ses côtes et finirait par vaincre cet étendu ; la vie n’attendait inlassablement qu’une chose : vaincre l’éternel et innommable ennemi, la mort.

--------------------------


Après la plaine morne et étouffante Eyaël pénétra dans la banlieue de Pékin ; c’est du moins ce qu’il déduisit en déchiffrant sans peine les inscriptions cabalistiques et écrites d’une main malhabile figurant sur des panneaux en bois grossièrement taillé et à moitié pourrie. Aux antipodes du paysage sans vie que le séraphin venait de traverser, l’endroit grouillait de monde ; il s’agissait d’hommes, de femmes, farouche d’enfants débraillés, habillés de guenilles qui avait cet air à la fois désespérer et farouche qui est propre aux personnes acculés et que d’aucun prennent pour de la démence. Mais ces gens, ces pauvres ères n’étaient pas des fous, il n’y avait aucune perversion, aucune once des germes de la folie en eux ; ils étaient juste en marge de la société, rejetés par elle, haï et détesté, ils ne vivaient pas, ils survivaient dans l’humanité si grande et hostile et dans laquelle ils n’étaient rien, pas même une petit grain de sable.
Le cœur du séraphin de la sagesse se serra en pénétrant à contrecoeur dans cette terre maudite, à l’écart des opulents quartiers du centre de la gigantesque métropole. Mais nier cette réalité n’était rien d’autre que de la lâcheté ; la lâcheté de rester aveugle aux misères de cette terre et qui était les même sur la terre angélique, Celestia ; autrefois terre de bonheur et de pureté, désormais terre des damnés et de toutes les souffrances. Souffrances engendrées par toutes les races qui s’étaient livré à un massacre, un véritable bain de sang d’où naquit des fleuves de sang, représentation funeste du mystique Styx et des enfers.
Conscient de contempler la tare de l’humanité, Eyaël ne se détourna pas, et tout en marchant, un sentiment de dégoût irrépressible monta en lui. Comment la même espèce pouvait elle s’entre-tuait à ce point sans le moindre étât-d’âme et sans éprouver le moindre remord ? Ces personnes là n’étaient pas dignes du nom d’être humain, c’était des monstres, des vampires qui ne se nourrissaient non pas du sang de leur victime mais de leur désespoir, de leur souffle vie.
Tandis qu’Eyaël s’enfonçait toujours plus loin dans la banlieue impitoyable, le séraphin sentait sourdre en lui une colère grandissante et une rancune sans égal envers ce monde sans merci ; mais, se souvenant de l’euphorie morbide qui l’avait saisie dans un moment similaire, Eyaël se contint du moindre acte futile et stupide et se contenta d’avancer, mue par un élan d’impétuosité ineffable.
Ce qui affectait Eyaël était les conditions de vies effroyables dans lesquelles devaient pourtant subsister ces damnés : des chemins en terre battues, spongieux, bordés d’ordures disposés en petit amoncellement, ramifiaient toute la banlieues, reliant les habitations sommaires plus proche de petites cahutes que d’habitation ; un voile gris occultait en permanence le ciel et on voyait parfois l’esquisse d’un disque décoloré se dessinait dans la voûte céleste ; des silhouettes apparaissaient dans l’ombre des maisons, dansaient, virevoltaient, aussi insaisissable qu’une feu follet avant de disparaître promptement un court instant puis de reparaître un instant plus tard, dansant toujours plus follement ; par endroit, des fosses qui exhalait des odeurs âcre et pourries agressaient la gorge et piquaient désagréablement les yeux. Tel était la vision hallucinée et apocalyptique dans laquelle Eyaël marchait, sans autre but précis que l’étrange élan qui le guidait.

Puis, Eyaël La vit. Elle se tenait là, assise tranquillement sur un banc, semblant goûter la tranquillité presque suspecte du lieu. Mais ce n’était pas tant l’attitude de la jeune fille que l’aura qui se dégageait d’elle qui forçait l’attention du séraphin. Il y avait quelque chose de félin en elle. Surpris, Eyaël fronça les sourcils et dévisagea avec insistance cet être gracile qui transpirait cependant la puissance et la grâce. En apparence, il n’y avait rien d’anormal, mis à part ces cheveux d’un blanc immaculés et ce regard vide et inexpressif. Ce regard inexpressif… Non ce n’était pas possible, ce devait être un illogisme. Comment pouvait elle se trouver ici ? Cela faisait bien longtemps qu’Eyaël n’avait pas entendu des nouvelles de cette dernière, célèbre à Celestia pour son infirmité qui ne l’avait cependant pas empêché d’atteindre un statut élevé dans la hiérarchie. Eyaël l’avait déjà rencontré plusieurs fois sur Celestia et gardait n souvenir assez mitigé de cette personne pour le moins singulière qui avait fini par tomber en déchéance. Toutefois, le séraphin avait toujours nourri un grand respect envers la déchue, que son statue soit celui de déchue ou d’ange, après tout quel importance ? Ce n’était pas cela qui comptait pour Eyaël.

Sans réfléchir à la conséquence irréfléchie de son acte, Eyaël s’approcha de la déchue, se campa en face d’elle, sachant parfaitement être repéré par les sens extraordinaires de la déchue et prononça d’une voix calme empreinte de sérénité :

-Bonjour Ayaëlle, ou quel que soit ton nom à présent. Je ne m’attendais pas à trouver une personne tel que toi ici ; surtout dans les circonstances actuelles. Mais finalement, je me réjouis de voir que tu n’as pas participé au désastre qui a eu lieu sur Celestia. Moi-même, j’aurais préféré ne pas y prendre part, j’y ai été malheureusement obligé.

Les paroles étaient simple et n’avaient rien d’offensent. Du reste, tel n’était pas l’intention d’Eyaël, il souhaitait simplement avoir la chance de converser avec cet être singulier qui semblait avoir prit du galon depuis les longues années de sa déchéance. Cependant, le séraphin sentait quelques chose habitait la dénommé Ayaëlle. Intrigué, il garda cette interrogation pour plus tard, et riva son regard sur son interlocutrice qui n’allait certainement pas manquer l’occasion de faire mouche avec sa verve et son intelligence habituelle.


Dernière édition par Eyaël le Ven 13 Juin - 20:20, édité 1 fois
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Ayaë Kihira
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MessageSujet: Re: Renaissance...   Dim 20 Avr - 20:02

Ayaë, vautrée plus qu’assise sur le banc, les yeux clos, restait indifférente à l’attention qu’on lui portait. Il était vrai qu’il était plutôt inhabituel de voir des étrangers dans la cité, et encore moins des étrangers qui ne semblaient pas pressés de la quitter. Mais la Déchue, si elle percevait et enregistrait machinalement toutes ces informations qu’elle glanait au détour des diverses conversations des groupes qui passaient près d’elle, n’y prêtait pas la moindre attention. Elle profitait uniquement de son premier moment de tranquillité depuis... longtemps. Très longtemps. Et elle pensait. A ce qu’elle avait vécu, isolée de tous. A ce qu’elle avait raté pendant ses longs mois de disparition. On devait la croire morte. C’était en tout cas ce que faisaient les administrations devant une absence prolongée et inexpliquée. Oui, on devait la penser morte. Elle n’avait encore rencontré personne, si ce n’était des humains. Mais ils ne comptaient pas, bien évidemment. Donc on devait encore la considérer comme morte. Pourquoi pas, après tout ? Elle pouvait ainsi profiter de moments de réelle tranquillité comme celui qu’elle vivait en cet instant...
Et instants pendant lesquels elle pouvait penser en toute simplicité... En l’occurrence, à ce moment-là, elle pensait à ce qu’elle était devenue. A ce qu’elles étaient devenues. Elle, Ayaë la Déchue, et l’once en elle... Elles n’étaient plus deux âmes distinctes dans un seul corps. Elles étaient unes. La Déchue était panthère, la panthère était Déchue. Elles ne se battaient plus pour vivre. Difficile d’exprimer en mots ce que c’était. Un Déchu aurait dit à Ayaë qu’elle était Déchue et qu’elle se transformait en once. Une once lui aurait dit qu’elle était once et qu’elle se transformait en Déchue. La vérité était au-delà. Bien au-delà. Une alchimie si parfaitement complexe qu’elle en devenait incompréhensible pour quiconque ne l’ayant pas vécue. Tant pis. Comme si l’aveugle allait s’amuser à aller raconter en détail ce qui lui était arrivé. Comme si elle allait révéler au monde sa nouvelle force. Ils pouvaient toujours rêver. Elle avait simplement était confrontée à ses démons intérieurs. A son passé. Elle en était morte. Oui, morte. Que pouvait être ce vide, cette solitude absolue dans laquelle elle avait baigné sinon la mort ? Du moins la mort vécue par l’esprit, et non par le corps. Mais elle était revenue... Changée. Elle elle-même commençait à peine à se rendre compte à quel point. Elle s’était réellement transformée. En profondeur.
Puis ses pensées dérivèrent vers ce qui venait juste de lui arriver. Elle n’en revenait pas. L’humain qui l'avait agressée était dangereux, très dangereux. Son instinct le lui avait hurlé. Pourtant elle s’en était moquée. Éperdument. Elle n’aurait jamais cru mettre si facilement en fuite un tel homme. Avait. Elle ne se reconnaissait plus. Ou plutôt, elle se redécouvrait pas à pas. Et ça lui était plutôt agréable. Comme lorsque, gamin, on ouvre un mystérieux cadeau. Oui, c’était ça, la réalité. Même si la métaphore pouvait paraître enfantine. Elle se sentait comme une gamine qui découvre ses cadeaux d’anniversaire. Grisée. Et surtout curieuse. Parfaitement conscience que, si les cadeaux seront des surprises, ils n’en seront pas moins merveilleux.
Le cœur de l’aveugle fit soudain un bond. Elle venait de s’en rendre compte. C’avait été si naturel qu’elle n’avait rien réalisé sur le moment : l’homme l’avait touchée. Et ça ne lui avait strictement rien fait. Cette... répulsion qu’elle éprouvait à chaque contact physique avec une personne semblait avoir disparue. Un fardeau de moins pesait sur ses épaules. Elle qui pensait devoir traîner cela toute sa vie... Ayaë se sentait décidément légère. Merveilleusement légère. Elle retournerait bientôt en Enfer. Bientôt. Pas tout de suite. Pour l’instant, elle...

Soudain, une sensation. Familière mais pourtant depuis longtemps oubliée. Ay ne l’avait pas ressentie depuis... une éternité, lui semblait-il.
Sa nuque la brûlait. Aussi sûrement que si on avait placé une torche enflammée près de son cou. La Déchue ne connaissait que trop bien cette sensation. On l’observait. Non, plus que ça. On la dévisageait. On la... reconnaissait ? Qui était donc cette personne ? Cette personne assez courageuse pour oser la tirer de la douce béatitude dans laquelle elle baignait ? Elle ne mit qu’une fraction de seconde à dénicher son importun. Oui, importun. Un homme. Son cœur battait avec la sourde et régulière lenteur qui caractérise celui des hommes. Voilà encore une chose qu’elle aurait été incapable de savoir avant.
Ayaë avait donc repéré facilement son inconnu. Pourquoi si facilement ? Il était simplement le seul à rester figé. Le flot de personnes passant ne s’arrêtait pas, lui, mais se hâtait plutôt vers un hypothétique but. L’aveugle se concentra, mine de rien, sur l’attitude de cet homme qui l'observait. Homme ? Si on prenait « homme » dans le sens humain du terme, il était fort peu probable qu’il en soit un. Enfin. Elle serait vite fixée.
Ah, tiens, son cœur accélérait. Surpris, le petit ? La sensation de brûlure redoubla d’intensité. Se poserait-il des questions ? Mais tout de même... l’aveugle allait finir par se lever et aller toucher deux mots à l’ « homme ». Depuis quand observait-on les femmes ainsi ? Quel manque total de distinction !
Mais la Déchue n’eut pas besoin d’aller à l’inconnu. Ce fut l’inconnu qui vint à elle. La distance les séparant se réduisant petit à petit, Ayaë percevait avec de plus en plus d’acuité la présence de l’ « homme ». Elle savait à présent qu’elle le connaissait. Sa démarche. Son rythme cardiaque. Tout cela lui évoquait quelque lointain souvenir...
La plupart des personnes normalement constituées se servent de leur mémoire visuelle afin de reconnaître les gens. Ay, elle, ne disposait pas d’une telle mémoire. Alors elle s’en était créée une équivalente. Volontairement. Et elle n’en était que plus performante.

Elle reconnut son inconnu une centième de seconde avant qu’il ne lui adresse la parole. Et ressentit cette vague de pitié écœurée qui provoquait immanquablement les Anges chez elle. Sauf que cette fois, elle ne pourrait pas s’amuser avec le dit-Ange. Pourquoi fallait-il donc toujours qu’elle les rencontre en plein milieu d’humains ?... Enfin. Elle était une personne raffinée et civilisée aussi. Et on lui avait adressé la parole avec courtoisie... Elle pouvait bien tenir une conversation calme avec un Ange, n’est-ce pas ?
A la mention de son nom, de son véritable nom, l’Ange Déchue tiqua. Une ombre vint masquer l’expression de tranquille amusement qu’elle arborait. Mais cette ombre se désagrégea bien vite. Ne rien montrer sans en avoir l’air devait rester son maître mot.


- Comment m’avez-vous appelée, Eyaël ? Ce nom –je n’ose même pas le répéter– est mort avec mes ailes. Il n’est plus le mien. On me nomme Ayaë à présent. Cette information ne serait-elle pas arrivée aux oreilles de notre ô combien aimé Séraphin de la Sagesse ?

Si ses premières paroles avaient été prononcées d’une voix dure, Ayaë termina toutefois sur la note d’ironie cinglante qui lui allait si bien. Elle était décidément une incorrigible moqueuse.
Puis l’Ange se mit à parler –divaguer aurait été plus exact– à propos d’un désastre qui aurait eu lieu sur Célestia et auquel il avait été forcé de prendre part... L’aveugle arqua un sourcil tout en fronçant l’autre, créant ainsi une expression qui aurait pu être comique si le ton du Séraphin n’avait été aussi sérieux.
Mais que s’était-il donc passé ?


- Un désastre ? A Célestia ? Dieu serait-il mort ?

Sauf que... Eyaël avait aussi mentionné le fait qu’il était heureux qu’Ay n’ait pas pris part à ce dit-désastre. Cela pouvait-il être ?... Non, impossible...
Le visage de la Déchue perdit toute trace de joie et d’amusement pour redevenir sérieux. Mortellement sérieux. Tellement sérieux que ç’en faisait presque peur, surtout quand on connaissait son naturel enjoué...


- Un désastre ? Ne me dites pas... La Guerre ? Là-haut ?

Elle qui se disait, quelques minutes auparavant, qu’elle ne pouvait pas avoir réellement manqué quelque chose pendant son « absence » !
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Eyaël
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MessageSujet: Re: Renaissance...   Mer 30 Avr - 17:49

Un flot ininterrompu d’humain –ou du moins ce qui en avait l’apparence- parcourait les étroits chemins en terre noire et dure où s’épanchaient les ombres spectrales d’antiques bâtisses et d’arbres tordus. Dans cette masse grouillante et ignoble, il n’y avait nul roi, nul monarque pour faire entendre ses règles injustes, ses jugements arbitraires, ses décisions ignominieuses ; c’était un monde à part, où une seule divine loi dominait : la loi du plus fort. Quel que soit son origine, sa race, ses talents et ses défauts, tout le monde était sur un pied d’égalité. Et un potentiel ennemi. Il n’y avait pas d’avenir pour ceux qui peuplaient cet endroit maudit. Le temps même ne semblait y avoir prise. Jamais la lueur du soleil ne perçait le barrage immatériel des nuages obscurcissant le ciel ; jamais le vent violent agitant sans cesse ces étranges contrées ne se transformait en une légère brise porteuse d’espoir ; jamais un délicat chant d’oiseau ne perçait dans l’atmosphère terrible qui régnait. L’air résonnait d’un écho venu du fond des âges, un de ces anciens cantiques aux intonations démoniaques qui s’insinue en vous et distille en vous terreur et désespoir. C’était la plainte des mânes de tous ces damnés errant en cette terre sans autre aspiration que de voir le lendemain. Et quel lendemain ! Aussi noir que le précédent, sans lueur ni réconfort. Ne valait-il pas mieux la mort à ce sort détestable ? Ne valait-il mieux pas disparaître tout simplement de cette humanité trop grande et brutale qui, impitoyablement, brise les cœurs et foule aux pieds toute dignité ? Car il n’y avait plus dans ces hommes, ces enfants et ces femmes sans âges une once d’honneur. Etait-ce donc à cela qu’était voué l’humain ? Etait-il son propre ennemi qui, un jour, inexorablement, se détruirait lui-même purement et simplement?
Tel était les honteuses pensées d’Eyaël en contemplant le spectacle qui s’offrait tout entier à lui, l’entraînait dans sa danse macabre, virevoltait autour de lui, le fascinait et l’aspirait dans une spirale sans fond. Un profond chagrin l’avait envahi. Là était concentré toute le folie et l’aveuglement des hommes. Eux qui savait pourtant réalisé des merveilles trop rare. C’était une sensation étrange que de se trouvait là à regarder la déchéance de toute une race, d’ouïr tous ses vices, d’être le spectateur de sa propre destruction.
La voix d’Ayaë troubla le séraphin dans sa contemplation et ses pensées qui défilaient trop vite dans sa tête tandis que son cœur se serrait douloureusement. Froide et tranchante. A l’égal d’elle-même, Ayaëlle –ou Ayaë puisque tel était le nom qu’elle s’était donnée- s’était servie d’une redoutable arme pour tenter de déstabiliser Eyaël : la parole. Ce n’était pas une de ces armes qui blessent le corps, mais oppressent douloureusement l’esprit et le contraignent à des extrémités innommables. Eyaël laissa glisser sur lui les sarcasmes de la déchue, comme l’eau sur les ailes d’un canard et répondit d’une voix ferme et douce :

-Non, cette faste nouvelle n’était pas parvenu jusque moi. Mais c’est un plaisir de l’apprendre de ta propre bouche. Cependant, ne crois-tu pas que les noms n’on aucune importance ? Quel que soit l’appellation qu’on te donnera – qu’il soit mélioratif ou non- tu seras toujours toi-même. Rien ni personne ne peut changer cela, pas même les mots.

Dieu lui-même n’avait ce pouvoir. Lui qu’on nommait pourtant le Tout-puissant. L’identité propre d’un être était éternel, car c’était tout simplement l’essence même de chaque particule qui le constituait. Finalement, Dieu n’était peut-être pas l’absolu, celui qui était censé gouverné toute chose et incarner le bien. Ce raisonnement était bien trop manichéen. Il ne pouvait y’avoir les « bon » d’un côté et les « mauvais » de l’autre. Les facettes d’un individu étaient trop complexes pour qu’on puisse avoir la bêtise de le rabaisser à un tel point. Le Très-haut dans ses antiques terres était donc nécessairement un être imparfait qui possédait ses torts. Tel était la conclusion logique qu’Eyaël entrevoyait. Une conclusion effroyable, indigne d’être prononcé, penser même par un ange. Mais terriblement emplie d’une vérité ineffable. Eyaël sourit intérieurement en imaginant la réaction de Michaël s’il savait les raisonnements qu’il tenait. Et pourtant, Le séraphin de la guerre, si puissant soit-il, était le frère de Lucifer, le déchu. En un sens, Les deux frères étaient le reflet d’une même âme et les aspirations entre lesquelles elle était tiraillée.

Eyaël se contenta de sourire aux questions de la déchue. Cette fois-ci, son étonnement n’était pas feins, il en était certains. La mort du tout-puissant l’atteindrait elle finalement ? Probablement pas. Ayaë se fichait certainement de ce qui concernait Celestia. Le seul sentiment qu’elle devait raisonnablement ressentir était la frustration de ne pas être au courant des événements qui avait eu lieu. Rien d’autre. Ayaë avait toujours été d’un caractère rebelle et indépendant. Cela ne changerait jamais. Et pourtant, le séraphin avait l’étrange sentiment que la déchue était différente. Non par ses paroles qui, elles, étaient toujours aussi acérées. Mais auparavant, Eyaël en était certains, Ayaë ne serait restait si calme. Peut-être cela valait-il mieux. Non pas que le séraphin craignit la déchue, toutefois, l’endroit n’était pas propice à la lutte. Trop de pitoyables vies étaient en jeux. Des vies précieuses. Ah quel euphémisme que celui-là ! Ces existences n’étaient rien dans le vaste monde ! Qu’avait elle donc de si précieux qui méritât d’être préservé? La réponse était simple. Elles possédaient un inestimable trésor ; elles possédaient la vie. Et nul n’avait le droit de la leur reprendre.

Les paroles d’Ayaë évoquèrent un tourbillon d’images sanglantes dans l’esprit d’Eyaël.

-Oui, répondit il dans un souffle. La Guerre. Une guerre atroce entre toutes les races ; et de ce conflit est née des montagnes de morts, des fleuves de désespoir et d’amertumes. Nombreux furent ceux qui périr dans ce combat, indicible est la douleur qui en découle. Trop d’âme ont soufferts de cette guerre.

Eyaël riva son regard dans celui, éteint, de la déchue :

-Et pourtant, une fois encore ce n’est que parti remise. De nouveau, le sang coulera et nourrira la terre fertile. De nouveau des larmes seront versées dans le néant de la tristesse. Car aucune partie n’est sortie vainqueur de cette éternelle guerre. Voici le destin qui attend toutes les races ! S’entre déchirer immarscessiblement pour que jamais ne viennent la paix !

Les horizons étaient bien sombres. Et seul une seule issue déchirerait ce voile ténébreux d’une lame d’ébène : l’avilissante métaphore qui à établit sur les faibles existences un joug maléfique, l’ancestral démon, la grimaçante faucheuse.

-Ne crois pas que je prône l’innocence des anges, reprit Eyaël, comme les autres, nous avons tués, massacrés, brisé des vies ; certes, nous nous défendions, il n’en reste pas moins que la rage, l’ineffable envie de tuer soutenait nos bras vengeurs et que, à chaque mort, nous frappions toujours plus fort pour mettre un terme à la folie qui nous envahissait progressivement, nous dévorait lentement, consumant notre humanité, la transformant en bestialité.

Le regard d’Eyaël se promena à l’horizon grisâtre où apparaissait inéluctablement le même apocalyptique paysage. Des images funestes apparaissaient devant ces yeux, prenant un malin plaisir à le torturer. Il avait la vision de tout ces morts, des murs rougis par le sang des hommes versés ; il revoyait les visages convulsés des suppliciés qui gémissaient effroyablement dans l’attente de la mort et semblait le suppliait ; la netteté de ce qu’il voyait l’effrayait et surtout, le sentiment qui l’avait envahi lorsque le démon était à sa merci l’omnubilé, le hantait. C’était une impression d’extase, d’omniscience et d’absolue en même temps que de dégoût et d’horreur. Le séraphin aurait voulu effacer voulu effacer cette diabolique scène à jamais. C’était impossible. Etait-ce donc cela le plaisir interdit dont parlait la Genèse, les écritures sacrées ? Etait-ce cela qui avait conduit les humains ; imparfaites créations du Très-haut à une telle déchéance ? Eyaël frissonna imperceptiblement tandis que les images virevoltaient autour de lui, absorbant sa raison, dévoyant son âme.
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MessageSujet: Re: Renaissance...   Mer 30 Avr - 21:49

[Bon je f'rais pas aussi long que vous. En deux mots deux raisons : flemme et ...flemme.]

Adonis arriva sur les lieux et salua les deux personnes présentes en se mettant à genoux devant Eyaël pour le supplier de lui pardonner d'exister.


... [Ahah, z'y avez cru hein ? xD
je reprend...]




Non, il n'ira pas aux enfers. Pourquoi faire ? Retrouver son serviteur et le réprimander d'avoir fuit le combat pour rester en vie ? Il n'était pas le seul... Et puis ce dernier aurait été capable de répliquer en se servant de l'échec de son maître comme argument. Echec ? De toute manière cet ange à eu de la chance... Et puis Adonis avait été pris par surprise ! Quand même... Toujours est-il que ben...C'est la honte ! Enfin, plutôt que de pourchasser rageusement son ennemi en espérant le combattre une nouvelle fois pour satisfaire son désir de vengeance, il préféra partir pour reprendre ses petites conquêtes sur Terre. Pékin, il n'y était encore jamais allé. Quelle langue parlaient-ils là bas ? Cho...Chinois c'est ça ? Hmm, il a pas appris le chinois lui... Bah tant pis, tout ce qui importait c'était les belles chi....Le bon tabac et l'alcool ! Hum... Rien qu'une pensée et le prince des flammes retrouvait le sourire... Ah qu'il avait hâte de profiter des bonnes choses ! Bien qu'après l'attende une retrouvailles dont il avait beaucoup moins hâte, celui de son supérieur. Si celui-ci apprenait qu'au lieu de s'entraîner le démon du 7e cercle s'amusait à prendre du bon temps sur Terre... "Espèce d'abruti" dirait-il... Et Adonis se retrouverait éclaté contre le mur, la tête fracassée d'un seul coup de poing. Brrrr...

Ahh enfin la Terre apparaissait ! La vie recommençait. Le fait qu'il était passé tout près de la mort quelques heures plus tôt lui indiquait clairement qu'il fallait encore plus profiter de la vie maintenant.
Il visa une petite ruelle assez sombre pour atterrir, puis fit disparaître ses ailes lorsqu'il fut au sol. L'homme commença alors sa métamorphose et prit en quelques secondes son apparence d'humain.
Lorsqu'il ressortit de la ruelle, il passa une main dans ses cheveux. Bon... que faire ?

Là bas il y avait deux silhouettes qui papotaient à coté d'un chemin. Adonis n'y faisait pas bien gaffe, bien qu'une des deux personnes possèdent quelques manières qui lui étaient familières de loin. Bref, ce qui attira un peu plus le regard du démon fut la silhouette féminine plutôt qui s'était arrêté un instant pour chercher quelque chose dans son sac.

Le prince des flammes se mit à siffloter tout en s'approchant de cette charmante dame. Une fois à sa hauteur il la regarda d'un air intéressé.


- Je peux vous aider ? hmm hmm ?

- Euh.. non ça ira merci.. Répondit-elle sans même adresser un regard à son interlocuteur.

Ce dernier laissa son regard vagabonder sur le visage de cette femme.. puis ses lèvres... son menton... Sa nuque... sa peau si douce... Son décolleté....

SCHBAF !


- Non mais faut pas vous gêner, pervers !

- Mais.. mais... vous vous méprenez !

Il voulut retenir la belle chinoise mais fit un bond en arrière pour éviter le coup de sac de cette dernière. Elle repartit furieusement et à grande allure. Le démon haussa les épaules, il n'avait pas envie de la poursuivre, pas aujourd'hui, il la retrouvera bien plus tard... Il se passa une main sur sa joue, c'est que la main avait claqué fort...

Il avait pas assuré sur le coup, laissant son regard errer, ne s'étant même pas rendu compte qu'il avait fixé... Enfin bref, de toute manière si elle mettait un décolleté, c'est pour qu'on regarde dedans non ?

Adonis se tourna par hasard vers les deux personnes qu'il avait remarqué un peu avant. Il s'était rapproché d'eux inconsciemment. La femme avait l'air jolie... Mais c'était fini la drague raté, il prendra des cours avant de s'y remettre... Elle semblait... en couple ? Il regarda un instant l'homme avec. Bah ils avaient pas l'air ensemble. D'ailleurs ce dernier n'avait pas l'air d'ici.. Nan.. Il avait l'air...


- TOIIIIIIIII ! S'exclama le démon en équarquillant les yeux vers le Séraphin qui avait failli le tuer.

Bon sang, une chance sur un million ! UNE SEULE CHANCE sur un million, un milliard, un billard de billard de...
Le prince des flammes fit un bond en arrière. Enfin cette fois il l'avait aperçu en premier, donc il ne se fera pas avoir une deuxième fois.


- T'es pas resté pour aider tes copains ? Bah bravo le haut gradé ! De la pacotille ton allure !

Il croisa les bras, totalement perplexe de trouver son ennemi devant son chemin encore une fois et en si peu de temps. De toute manière Adonis n'avait pas trop envie de se battre, c'est fini. Il en avait ras le bol et il était venu pour se détendre. Il se battra si l'ange le voulait vraiment, mais bon, tant pis pour ce dernier dans ce cas...

- Bon j'te préviens tout d'suite j'ai pas d'ange à tuer alors evite tes coups par derrière.

_________________

Quand la froideur de mon âme s'associe à la chaleur de mes flammes...
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Ayaë Kihira
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MessageSujet: Re: Renaissance...   Jeu 1 Mai - 23:21

Ayaë, dans son monde infini de noirceur qu’elle ne pouvait même pas reconnaître puisque la nature même des couleurs lui échappait, s’interrogeait. S’interrogeait à propos de cette guerre, se souvenait de Lyel, ce père disparut trop tôt, se remémorait ce qui l’avait conduite à la situation dans laquelle elle vivait... Au final, elle n’avait été déchue que parce qu’elle avait un ami démon, et qu’elle cherchait à découvrir les raisons de la guerre... Au moment de sa déchéance, qu’était-elle ? Ou plutôt qui était-elle ?... Elle n’était qu’une jeune ange, déchue contre son gré, ne souhaitant que la fin de la guerre et l’amitié entre les deux races qu’elle opposait... Quand avait-elle cessé d’être Ayaëlle ? Car cette personne était celle que l’on appelait Ayaëlle. Depuis était-elle Ayaë, donc ? Oh, cela ne s’était certainement pas fait en un jour... Ayaë avait progressivement remplacé Ayaëlle, se montrant forte là où elle était faible, sans pitié là où elle était tendre, froide là où elle était amicale... Une amitié avec un ange, à présent ? Impossible ! Mais que lui avaient-ils fait finalement, ces anges ? Pourquoi les détestait-elle tant ? A bien y réfléchir, c’était leur naïveté et leur innocence qui la rebutaient. Leur façon si servile de servir ce Dieu dérisoire ! Leurs airs si suffisants, leurs manies pures... Rien que d’y penser, elle en avait presque la nausée. Les anges étaient des imbéciles. Pour la plupart. Elle ne les supportait pas parce qu’ils ne regardaient pas plus loin que le bout de leur nez, se laissant guider par une minorité aux pouvoirs illimités. Une minorité qui n’hésitait pas à rejeter ceux qui cherchaient trop à comprendre. Ceux qui tentaient de penser par eux-mêmes. Ainsi, les révoltes étaient étouffées dans l’œuf. Ainsi, Ayaëlle était devenue Ayaë. Ainsi, la jeune ange luttant pour l’arrêt de la guerre était devenue la puissante déchue ne vivant que pour voir la chute de Celestia. Car Celestia était lâche. Celestia devait tomber. C’était à cette conclusion, si effrayante d’absolu, que l’aveugle était parvenue, au terme d’une longue réflexion à propos de ce qui avait orienté son destin. Mais l’heure n’était pas à la psychologie. Pas encore.

Eyaël n’avait décidément pas changé depuis la dernière fois qu’Ayaë l’avait croisé. Toujours cette élégante façon de parler qui transpirait la sagesse. Quoi qu’elle pût en dire, l’ange déchue était certaine d’une chose : le Séraphin de la Sagesse méritait bien son titre. Voilà longtemps qu’elle ne s’était faite contredire d’une telle manière et avec une telle facilité. L’ange avait raison et tord à la fois. Les noms pouvaient certes n’avoir aucune importance, et pourtant c’étaient bien souvent eux qui faisaient ce que l’on était.


- Certes, vous avez raison, en je m’incline devant votre pensée... Mon nom ne changera pas ce que je suis. Rien ne le pourra jamais. Et pourtant je refuse de porter un nom qui appelle à une tâche qui n’est plus mienne. Ce serait mensonge que de prétendre que cela ne revêt aucune importance. Ce n’est pas tant que l’on m’appelle Ayaëlle qui me dérange, mais la signification de ce mot...

Ayaëlle... Difficile de cracher un mot avec plus de dégoût. Ce mot, son prénom, au suffixe si absolu de sens... ‘ëlle’... ‘qui sert Dieu’... Comme si on avait voulu faire d’elle quelque chose de défini dès le jour même de sa naissance... Comme si on avait voulu décider de sa voie... Or, si Ay tenait à une chose, c’était bien à sa liberté. A sa liberté que ce prénom limitait tant. Mais tout ceci, Eyaël devait déjà l’avoir compris...

Ayaë laissa soudain tomber son masque de sarcasme pour adopter l’expression froide qu’elle arborait lorsqu’elle écoutait vraiment. Le Séraphin avait beau délayer sur les atrocités de la guerre, il n’offrait pas moins de précieux renseignements à la déchue... Toutes les races avaient participé à la guerre... Même les elfes ? Et les humains ? Etrange... Mais la bataille n’avait été gagnée par aucun camp et ce n’était que partie remise...


- N’est-ce pas dans notre nature que de nous entredéchirer dans des affrontements sans fin, Eyaël ? Je vais vous offrir une histoire. Une histoire que je n’aie encore jamais offerte à quiconque... Il y a quelques années déjà, une jeune nage attristée par la perte d’un proche durant une bataille décida de prendre à son tour part à la guerre pour tenter d’en découvrir la raison et de l’arrêter afin qu’elle ne fasse plus de morts inutiles... Elle faillit y arriver.

La voix de l’aveugle était basse, mais assez forte de conviction pour que l’ange se rende compte qu’elle ne délirait pas à propos d’une hypothétique histoire. Ce qu’elle lui offrait, c’était son histoire, et par là même ce qu’elle pensait.

- Faillit. Car, malheureusement, on découvrit son projet et, sous prétexte d’une amitié avec un démon, on la chassa afin de la faire taire. Aujourd’hui, la jeune ange a vieilli et s’en rendue compte que son souhait n’était qu’une chimère. Irréalisable. Elle a donc changé et décidé que, pour arrêter la guerre, il suffisait de la gagner. Sauf que la gagner lui semble tout aussi fou que sa précédente idée, et, plutôt que de se raccrocher à une autre idée folle, elle préfère ne plus y penser et ne faire que s’amuser avec des anges trop naïfs.

Ayaë ne prit véritablement conscience de ce qu’elle venait d’apprendre qu’une fois sa tirade achevée. Nom de nom ! Elle avait apparemment raté une grande bataille... Elle avait surtout raté une bonne occasion de s’amuser ! A Celestia, qui plus est... Bien sûr, avec ou sans elle, la bataille se serait terminée de la même façon ; une déchue –qu’elle fût du 8ème cercle ou non– ne pouvait y changer quoi que ce soit. Ce qui n’empêchait qu’elle aurait pu drôlement rire ! En même temps, un tel affrontement avait sûrement causé énormément de pertes, et peut-être même créé de nouvelles orphelines comme Ay l’avait été... Mais ce n’était après tout qu’un contrecoup de la guerre. Mais qu’est-ce qu’elle aurait pu s’amuser ! Pourquoi avait-elle raté cela... Bah, cette folie ne devait pas faire partie de sa voie, après tout. Elle n’avait pas choisi ce qui lui était arrivé. Ou plutôt si, elle l’avait choisi, tout en sachant pertinemment que c’était le seul choix possible ne menant pas à son anéantissement pur et simple. Elle était donc morte pour mieux survivre plus tard. Ce qui n’empêchait pas que, pendant sa mort, elle avait raté des choses amusantes auxquelles elle aurait bien aimé prendre part. Enfin... Et... Et si elle se rattrapait maintenant ? Elle avait un ange à sa disposition, des humains autour, certes, mais elle s’en fichait pas mal finalement... Oui, elle pouvait faire mumuse avec Eyaël, pourquoi pas ?
L’aveugle se secoua mentalement. Elle ne pouvait –ne devait– pas se lancer dans des actions aussi irréfléchies. Surtout que l’ange s’était remis à parler. Il aurait été faire preuve d’une manque grossier de courtoisie que de l’attaquer à ce moment-là... Le Séraphin parlait d’ailleurs de la folie des anges, de cette folie meurtrière qui prend chaque combattant lorsqu’il tue pour la première fois.... Une folie un peu trop bien décrite d’ailleurs, même pour le Séraphin de la Sagesse...


- Le monde serait si beau si tous les anges se montraient aussi honnêtes que vous, Eyaël. Néanmoins... Vous parlez en connaissance de cause, n’est-ce pas ? Cette sensation de force incommensurable qui nous submerge alors que l’on vole la vie a été également vôtre... C’est à ce moment-là ce qu’on comprend que la guerre sera infinie. Nos âmes sont trop peu parfaites pour résister longtemps à la tentation de ressentir une nouvelle fois cette impression de puissance absolue...

Ayaë leva son visage vers le ciel, relâchant lentement les muscles qu’elle avait contractés inconsciemment alors qu’elle apprenait la nouvelle de la bataille qu’elle avait manquée... C’était vraiment, vraiment dommage pour elle... Mais certainement pas pour les anges !
C’est alors qu’elle l’entendit. Un bruit si incongru qu’il aurait pu faire sursauter Ay si celle-ci ne se contrôlait aussi bien. Au lieu de cela, un sourire amusé se peignit sur ses lèvres. Elle n’aurait pas aimée être à la place de l’homme qui s’était pris la baffe monumentale qu’elle avait entendue. Cela l’apprendra à fixer les femmes, tiens. Car, oui, c’était ce qu’il devait faire, car pourquoi la femme l’ayant frappé l’aurait traité de pervers, sinon ? Et pourtant, quelque chose titillait l’aveugle... La façon de parler, la voix même du pervers en question, lui semblaient familières, bien que lointaines dans sa mémoire... Non, elle devait se tromper. Sauf que le déchue avait appris à se fier à son instinct et son instinct lui affirmait qu’elle ne se trompait pas. Enfin, elle verrait bien.
Et la suite fit qu’elle vit bien, effectivement. Façon de parler bien sûr, puisqu'elle et la vision, ce n'était pas le grand amour...
Le cri de l’homme, cri qui s’adressait visiblement à Eyaël, la mena à se boucher ostensiblement les oreilles. On n’avait décidément pas idée de brailler ainsi ! Sauf que, l’homme s’étant également approché, Ayaë put percevoir sans difficultés son odeur... Une odeur de cendre et de brûlé. Une odeur indéniablement démoniaque. Elle eut d’ailleurs confirmation de ce qu’elle pensait en entendant l’homme s’adresser au Séraphin.
Le sourire moqueur de la déchue s’agrandit alors qu’elle se tournait vers le nouvel arrivant.


- Primo, monsieur le pervers, on arrête de crier aussi fort si on ne veut pas avoir droit à une seconde jolie petite baffe... Secundo, vous devriez vous calmer. Votre cœur fait un boucan d’enfer, sans mauvais jeu de mots.

Après un clin d’œil moqueur à l’adresse du démon, Ay reporta son attention sur le Séraphin. Quelle serait sa réaction face à l’apparition incongrue de cet homme qu’il semblait connaître et qui se permettait de critiquer ses actes ?
L’aveugle haussa les épaules. Sa question aurait bientôt sa réponse. Elle se tourna de nouveau le démon.


- Et, tertio, pour ne pas manquer de courtoisie... Je suis Ayaë Kihira, ange déchue, pour vous servir, monsieur le pervers. À moins que vous n’ayez un autre nom ?
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MessageSujet: Re: Renaissance...   Sam 3 Mai - 13:23

[si certains ne comprennent pas les allusions au Nécronomicon et à Nietszche, dites le moi, je répondrais]

Incompréhensible étaient le cosmos et toute l’ignominieuse création qui en découlait. Quelle était la destination de tout ces amas putrides d’êtres, d’existences se disputant un petit lambeau de bonheur éphémère qui s’évanouissait bien vite comme chimère dans le vent ? Quelle était donc la malheureuse destinée de l’humanité pernicieuse ? Pouvait on entrevoir une vacillante flammèche d’espoir dans les ténèbres ? Y’avait il encore une infime chance, un hasard heureux que le flambeau se rallume ? Le monde était si vil, si retors, si emplie du péché originel que les grands sacerdoces se plaisaient a dénoncé alors que leurs actes étaient aux antipodes de leurs paroles. Et que faisait le Tout-puissant devant tant de perversité, tant de haine et d’aversion ? La réponse était si terrifiante qu’Eyaël avait du mal à simplement à concevoir que ses paroles puissent contenir l’once d’une effroyable vérité. Dieu, Le Tout-puissant, Le Très-Haut, quelque soit son nom ne faisait rien ; la vanité de ses actes était l’unique chose que l’on pouvait décrire. Ô crime ! Ô désespoir ! Ô déplorable race ! Dieu était donc mort comme l’avait vagi Neitszch le solitaire, le fini, le pessimiste comme on aimait à le décrire d’une manière inique ? Mais après tout, n’était ce pas seulement une métaphore pour signifier que Dieu n’existait que dans l’esprit et que ne plus croire en lui était donc l’avoir tué ? Cependant, cette thèse était surannée car le Tout-puissant était bien réel ; qu’il soit Dieu ou non son existence était une évidence. Nul ne pouvait nier une telle vérité. Son intervention démesurée lors de la Bataille le prouvait. Cependant, cet entité que l’on disait supérieur était elle vraiment une Divinité aux éons purificateurs et au pardon sans égal ? La véritable question était là. Car si le Très-Haut était absolu, immanent, la création entière devrait être d’une pureté et d’une justice égale à celle à laquelle il prétendait lui-même. Or, c’était loin d’être le cas ; partout des conflits éclataient ; chaque jour qui passait allongeait le liste des damnés ; chaque jour, la souffrance se répandait un peu plus dans tout les mondes ; chaque instant n’était fait que de douleur. C’était une ombre noir aux contours évanescents qui planait au dessus de vous, guettait l’idéal moment, le fatal instant pour fondre sur vous et dévorer vitalité et joie comme un vampire ; Tel était la souffrance : un monstre assoiffé du suave liquide de la vie. L’humanité transpirait la peur, la terreur, la malice et la sournoiserie et non le beau, la grâce l’élégance, le divin. La corrélation de tout ce qui était mauvais, contraire à l’éthique de Dieu était réuni dans tous les mondes. Et Celestia n’échappait pas à cette règle, ce dogme intemporel de l’humanité qui régissait le monde depuis sa création. Ainsi donc, la preuve était là : Dieu n’était pas absolu, ni même immanent à toute chose. Mais alors, qu’était-il ? Un ange supérieur aux autres qui avait établit sa suprématie et s’était fait passer pour une Divinité absolu ? Une entité autre que les anges supérieur à eux mais qui n’avait rien d’un quelconque Dieu ? L’on ne pouvait qu’émettre des spéculations bien loin de la vérité. A moins qu’il ne restât une explication possible. Le Tout-puissant, dans sa grande mansuétude, et sa clairvoyance inexplicable avait compris que sa création était foncièrement mauvaise et avait décidé de ma laisser se détruire elle-même. Le Nécrnomicon n’aurait il pas été écrit –du moins en partie- par Dieu et ne contiendrait il pas l’effroyable formule « la malédiction de la création originel » destiné à détruire l’humanité ? Certes, rien n’était certains autour du mythes du Nécrnomicon, toutefois dans toute rumeur il y’avait une parcelle de vérité.

Plongé dans ses réflexions peu catholiques et effarantes pour un ange tel que lui, mais qui était néanmoins tout le cheminement qu’il avait fait en philosophant, philo loguant, étudiant les grands auteurs interdits par le gouvernement de Celestia, Eyaël ne répondit d’abord pas à Ayaë. Il restait lui-même interdit devant les conclusions, cependant on ne peut plus logique, qu’il découvrait. Comment lui, un ange, pouvait il en être arriver là ? Mais si ses supputations se révélaient être exact, il devait au contraire se réjouir. Le séraphin reporta son attention sur la déchue. A son habitude, Ayaë avait répondu sans coup férir, cependant, chose étrange, il n’y avait aucun sarcasme même latent dans sa réplique. Juste une critique qui montrait à Eyaël qu’il avait tort. Du moins aux yeux de la déchue.

-C’est à moi de m’incliner devant ta pensée semblerait-il, dit Eyaël, cependant, n’oublie pas que les mots n’ont que la signification qu’on leur donne. La connotation d’un terme n’à de prise sur toi qu’à partir de l’instant où il à un sens péjoratif ou mélioratif. Et ce sens, il n’appartient qu’à toi de le donner ou de t’en abstenir. Qu’importe de quoi parlent les lèvres, lorsque l’on écoute, les cœurs se répondent. Tel est l’image que je donnerais de la véritable communication entre deux individus. Mais si tu considères ton ancien nom comme une entrave à ta liberté, je ne l’utiliserai plus.

Car c’était visiblement ainsi qu’Ayaë considérait la « chose » qui lui servait auparavant de nom. Et Eyaël ne tenait pas à vexer malencontreusement la déchue. Tel n’était pas son but. Ayaë était un être singulier, c’était on ne peut plus vrai, mais elle possédait surtout une intelligence remarquable qu’elle utilisait pour parvenir à ses fins. Et il était toujours enrichissant d’échanger quelques mots avec une personne de son acabit. Déchue ou non, ce n’était pas le plus important. Les races n’avaient que peu d’importance aux yeux du séraphin. L’esprit domine la chair comme il aimait à le dire. Par analogie, ce n’était pas l’apparence, la race qui importait mais les convictions profondes d’un individu ainsi que ses sentiments qui, par une alchimie incompréhensible, formait la quintessence d’une personne ; ce qu’il était réellement : l’essence pur de son âme et non pas son enveloppe corporelle qui n’était qu’une des multiples facettes d’un être vivant.

L’histoire que déclama Ayaë intéressa fort le séraphin qui ne connaissait rien de la déchue sinon sa verve acérée. A travers les paroles de la déchue, il comprenait peu à peu le cheminement d’Ayaë. Car au-delà de la simple histoire qu’elle contait, c’était d’elle-même dont Ayaë parlait. Et d’une façon terrifiante. On aurait dit que la déchue était dégoûtait de ce « elle » qu’elle était alors ; qu’elle en avait honte et reniait cette image fugace qu’elle avait était un court instant dans sa vie. Mais plus encore, Ayaë démontrait à l’ange sa raison de vivre à présent. Et quelle raison de vivre ! Quelle conception si sombre des choses ! Et cependant, la vérité était dans ces paroles. Eyaël n’y adhérait pas totalement, il s’y refusait, mais sur certains point, Ayaë avait raison : les anges étaient naïfs et ne réfléchissaient pas autrement que par leur Dieu qui n’était peut-être qu’un imposteur. Eyaël ne réfléchit pas aux conséquences de son acte, et laissa son cœur s’exprimait :

-Tu as raison Ayaë, encore une fois. Les anges sont naïfs et ne sont en rien supérieurs aux autres races –bien que je n’aime pas ce terme. Peut-être même sont ils les plus inférieurs finalement à obéir servilement à un Dieu sans réfléchir par eux même.

Eyaël se tu un court instant, puis reprit sa terrible révélation :

-Peut-être me prendras-tu pour un fou, mais il me semble être de mon devoir de t’en avertir. Toutes mes réflexions, mes honteuses pensées, mes recherches insatiables sur le cosmos et le « pourquoi » des choses qui hantent les plus grands philosophes de ce monde depuis la nuit des temps, convergent vers une seul conclusion qui s’impose d’elle-même. Cette conclusion m’effraie à tel point que je répugne à la dire, d’autant que je parle certainement dans le vent, dans un abîme sans fond ou nul ne m’écoute. Ainsi voilà ce que je suppute : Dieu ne serait ni absolu, ni immanent ; plus encore, il est possible que le Tout-puissant ne soit pas Dieu comme il le déclare, mais autre chose qui à leurrer des générations d’anges.
Et ce secret dont tu parlais tout à l’heure, ce qui permettrait d’arrêter toutes les guerres pourrait bien se trouver dans cette découverte.


Un sentiment violent s’empara d’Eyaël tandis qu’il réalisait ce qu’il venait de prononcer. C’était une hérésie la plus complète ! La pire abomination que pouvait commettre un ange. En un sens, Eyaël venait de redouter Dieu ; il venait de « tuer Dieu » comme l’avait fait avant lui Neitszch. Ô redoutable intelligence ! Ô indicible vérité ! Fallait il te révéler ! Fallait il ébranler les quatre monde ! Fallait il mettre à sac toute les croyances bienheureuse qui nourrissaient maint fervents croyants et de tes mains griffus attenter aux âmes purs ! Etait-ce donc si nécessaire que cela ?

-Oui, une nouvelle fois, tu as vu juste ; répondit Eyaël à la déchue, ne cessant ses confessions, j’ai connu ce sentiment que tu décris toi-même avec une véracité qui ne peut être que celle du vécut. Je le reconnais, j’ai goûter au fruit interdit comme Adam et Eve le firent avant moi ; je me suis adonné au plaisir malicieux de tuer et de briser impitoyablement vie. J’ai ressentit l’extase de ces moments, la joie mêler à l’horreur. Et cependant, je n’ai pu achever ce que j’avais commencé. Mais ne pense pas que je me crois ainsi exempt de toute faute ; je suis tout aussi coupable que si j’avais réellement un acte aussi malsain. Car je ne me suis pas arrêté par moi-même, encore maintenant, alors que la vision de ces images me hante, je le sais.

Et brusquement, un bruit étrange, dissonant du hurlement vampirique du vent sur les anciennes bâtisses désormais maudites attira l’attention du séraphin. Son regard erra un instant au loin, puis ne décelant rien d’anormal, se reporta aux alentours. Une vague d’appréhension se saisit de lui lorsqu’il croisa le regard diabolique du démon. Il l’aurait reconnu entre tous. Celui qui avait subi toute sa furie, sa détestable concupiscence de tuer, ce briser son existence pour le mal qu’il avait distribué. Eyaël se contint et répondit d’une voix neutre :

-C’est moi en effet. La question serait plus ce que toi tu fais ici ?

Jamais Eyaël n’aurait crû croisé un être tel que lui en ces lieux. Cependant, il n’avait pas l’intention de céder une nouvelle fois à ses tentations. Cela valait sûrement mieux. Autant pour lui-même que pour le démon. Car si Eyaël était certains d’être capable mettre fin à la vie de l’être démoniaque, il était également conscient que ce geste constituerait une arme contre lui. Non pas une arme qui agit physiquement et immédiatement, une de ces armes qui hantent, torturent, avilissent inlassablement jusqu’à détruire la moindre humanité. Une terrible arme qui faisait bien plus de ravage qu’aucune autre. Et cette arme était bien souvent le fruit de soi-même, de sa propre conscience et de ses propres sentiments qui ne pouvaient supporter les actes commis. Continuant sur la lancée de la déchue, Eyaël se présenta courtoisement, sans geste ostentatoire aucun :

-Quant à moi, je suis Eyaël, séraphin de la sagesse ; et rassure toi, je n’ai pas la moindre intention belliqueuse: je n’ai pas de démons à tuer.
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Adonis
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MessageSujet: Re: Renaissance...   Dim 4 Mai - 13:07

Un ange, une déchue... Quel amusement ! Enfin, ils semblaient en pleine réflexion mais tant pis, Adonis n'allait quand même pas attendre la fin de leur discussion pour s'incruster. Encore fallait-il qu'elle ait une fin, leur discussion...

Le démon s'apprêtait à répliquer en s'exclamant à la dénommé Ayaë, mais il se retint pour finalement parler sur un ton plus bas, reprenant son sérieux complet. Son cœur battait d'excitation, mais ça il ne pouvait rien y faire.


- J'ai un autre nom oui, et j'ai rien d'un pervers...

Lançant un regard noir à Eyaël comme si tout était de sa faute, il voulut faire la révérence à la dame mais s'aperçut qu'elle ne le regardait pas vraiment... D'ailleurs ses yeux étaient étranges... Oh... Aveugle ?

- Mon nom est Adonis, et pour ce qui est des battements de mon cœur, il bat toujours avec autant de chaleur.

La tête du démon se tourna vers Eyaël. Il savait bien que c'était un Séraphin...

- Avant je me promenais, maintenant je suis tenté de te suivre. Lâcha t-il avec ironie. Les asiatiques ne sont pas mon genre, je préfère les américaines à dire vrai...

Il murmura dans ses dents un "ça n'a rien de pervers" à l'intention d'Ayaë.
Le prince des flammes se tourna vers cette dernière, un grand sourire aux lèvres.


- J'vous offre un verre ?

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MessageSujet: Re: Renaissance...   Dim 4 Mai - 19:55

Que disait donc Eyaël ? Les mots n’avaient que la signification qu’on leur offrait ? Certes, le Séraphin avait tout à fait raison sur ce point. Les mots n’avaient de force que si on le décidait. Et pourtant c’étaient eux qui faisaient et défaisaient les situations, eux qui faisaient mal ou apportaient au contraire la joie au gré de leur utilisation. Et Ayaë, bien que sachant très bien se moquer éperdument de la signification de la plupart des mots, sentait malgré tout son indifférence vaciller lors de la mention de certaines choses. Son prénom en faisait partie. Comme quoi, personne n’est parfait. La déchue avait, malgré son assurance, des faiblesses. Mais contrairement à d’autres, elle les connaissait parfaitement.
Quant aux cœurs qui se répondent, rendant les mots inutiles... Le fait était que si peu de personnes savaient écouter leurs cœurs que cette maxime, pourtant si vraie, s’oubliait... Comme celle qui disait que, plutôt que d’écouter les discours des hommes, il fallait écouter le murmure du vent et des cœurs, car eux ne mentaient pas. Encore un bel aphorisme qui se laissait disparaître, faute d’individus le comprenant. Et Ay dans tout cela ? Et bien, en ce qui concernait l’ouïe, elle était calée. Mais elle ne s’amusait toutefois pas à écouter les cœurs, du moins au sens figuré du terme... Quoi que, sa capacité à déduire l’état d’esprit d’une personne en prêtant simplement l’oreille n’était-elle pas aussi une façon de lire dans les cœurs ? Car les corps qui lui fournissaient toutes ces informations ne savaient pas mentir, eux non plus... Enfin. A quoi cela lui servait-il de réfléchir ainsi ? Peut-être qu'elle continuerait à y penser plus tard... A ce moment-là, elle n’avait vraiment pas que ça à faire...


- C’est vrai, les mots n’ont de l’importance que tant qu’on leur en donne. Et pourtant, si les mots n’ont pas d’importance, qu’est-ce qui en a ? Se détacher de leur signification peut être difficile, et mon nom fait partie de ces choses que, bien malgré moi, je ne peux laisser passer.

Ayaë se demandait ce qu’elle faisait vraiment. Quel besoin avait-elle de justifier son comportement à quelqu’un ? Et à un ange, de surcroît ? Elle ne le savait pas. Mais peut-être était-ce parce qu’elle n’avait que très peu l’habitude de dialoguer avec des personnes comme Eyaël. Des personnes que les clivages entre races n’atteignaient pas, des personnes à la pensée profonde et enrichissante...
QUOI ?!?! Etait-elle vraiment en train de penser du bien d’un Séraphin ?! Oui, apparemment. Comme quoi, tout le monde peut changer...

Le déclaration que fit ensuite Eyaël laissa Ay stupéfaite. Et pourtant, ce n’était pas chose facile que de la surprendre, loin de là ! Mais l’aveugle était réellement surprise qu’un ange –le Séraphin de la Sagesse !– puisse confier de telles pensées à une déchue qui était selon toute vraisemblance censée faire partie de ses ennemis... Mais également à une déchue qui, après tout, semblait tout à fait d’accord avec lui...
Ayaë, aux premiers mots d’Eyaël, se retint donc de rétorquer le « mais j’ai toujours raison ! » plein d’assurance qu’elle servait volontiers aux autres. Car le Séraphin faisait tout sauf partie de ces ‘autres’.
Lorsque l’ange évoqua ensuite les philosophes humains qui avaient disserté tant de temps à propos de ce ‘Dieu tout-puissant’, l’aveugle ne put retenir un sourire amusé.


- C’est comme si les humains, malgré tous leurs défauts, avaient réfléchi bien plus que les générations d’anges avant eux qui se prétendaient si forts et si sages...

Si Ay n’avait pas commenté les paroles d’Eyaël à propos des anges qui étaient peut-être la plus inférieure des races –ce n’était pas à elle de porter de tels jugements– elle n’était pas moins près d’être d’accord avec cette ‘théorie’...
Et puis l’ange livra le véritable fond de sa pensée...


- Je n’avais jamais envisagé Dieu ainsi... Mais votre raisonnement a le goût de la vérité et, comme vous l’avez certainement compris, s’il existe un quelconque moyen de mettre fin à la guerre qui ne soit pas voué à l’échec, je serais la première à m’y raccrocher.

Et oui, puisqu’ils en étaient aux confidences, elle pouvait elle aussi se confier... Mais la déchue en avait fini avec elle. Les mots qu’elle prononça ensuite n’avait qu’une seule signification : l’avertissement.

- Mais, prenez garde à ce que vous dîtes, tout Séraphin que vous êtes... Venant de moi, vous ne risquez rien, mais ce n’est pas le cas avec tous... Vous pourriez vous retrouver d’un jour à l’autre aussi libre que possible. Ou déchu, si ce mot vous parle plus que ‘libre’. Mais cette liberté n’est pas au goût de chacun...

« Et je n’ai jamais compris pourquoi » voulut-elle ajouter avant de se reprendre. Eyaël devait l’avoir compris depuis longtemps déjà.

Puis le démon arriva et Ayaë retrouva son comportement habituel. L’Ayaë qui parlait avec le Séraphin était sérieuse et ouverte. Celle qu’elle était habituellement était bien plus ironique et froide. Bien plus encline au jeu, aussi. En somme, c’était l’aveugle que l’on avait toujours connue ; elle n’avait pas changé sur ce plan-là. Enfin, presque pas.

La réponse du démon lui tira un sourire amusé. Il n’avait rien d’un pervers ? Tiens donc. C’était ce que tous les pervers disaient. Et puis, plus sérieusement... Les démons susceptibles l’avaient toujours faite rire.
Puis l’individu en question lui offrit son nom. Adonis. Un nom qu’elle connaissait pour l’avoir entendu à plusieurs reprises. Un nom parfois supplanté par un titre. Prince des Flammes. Voilà qui expliquait l’histoire de ce cœur qui battait avec chaleur.
La déchue poussa un soupir qui se voulait excédé. Un sentiment que démentait pourtant son sourire railleur.


- Je parlais de vitesse de battements, et non de chaleur, monsieur le P...rince des Flammes. Ce qui est sensiblement différent...

Elle avait failli dire « monsieur le pervers » ? Non, bien sûr que non. Ay savait ce qu’elle disait tout de même. Mais le faire croire pouvait toujours être amusant...
Adonis s’adressa ensuite à Eyaël. Ces deux là semblaient se connaître, mais dans le mauvais sens du terme. Le démon aurait-il été la victime de la folie du Séraphin durant la Bataille que ce dernier décrivait quelques instants auparavant ? Oh, et puis, après tout, Ayaë s’en moquait. Quelle importance que cela ?
Le « ça n’a rien de pervers » que marmonna ensuite le Prince des Flammes dans sa barbe –barbe qu’il avait ou pas, l’aveugle était bien incapable de le dire– lui tira à nouveau un sourire railleur. Taquiner ce démon était vraiment facile.
Démon qui la prit pourtant ensuite au dépourvu en l’invitant soudainement à boire un verre. Mais la déchue se tourna tout d’abord vers l’ange. Elle avait à lui répondre à propos d’une tirade qu’elle n’avait pas commentée.


- Ne vous apitoyez pas trop sur ces sentiments. Ils sont le quotidien des soldats et que vous ne les ayez pas ressentis vous aurait montré d’une sombre insensibilité. Cette ‘extase’ n’est-elle pas plutôt à considérer comme un jalon de plus sur la voie de la Sagesse ?

Et voilà qu’elle se mettait à réconforter Eyaël à présent ! Et avec le plus grand sérieux qui plus est. Enfin, ce qui était fait était fait.
Puis Ay revint vers le dénommé Adonis. Son comportement avait de nouveaux changé, passant du sérieux au sarcastique en une fraction de seconde, selon la personne à laquelle elle s’adressait. Un changement que ses deux interlocuteurs devaient avoir remarqué, sans peut-être en comprendre le sens. Tant mieux. Elle ne devait pas être prévisible.


- Seulement un ? Non, je plaisante. Ce serait avec plaisir !

Tout en parlant, Ayaë s’était étirée puis levée dans un mouvement d’une fluidité incontestablement féline. Encore plus qu’il n’aurait pu l’être avant, du moins si c’était possible. Elle se tourna de nouveau vers le Séraphin. Sans changement d’attitude cette fois.

- Nous accompagnerez-vous ?

Retour vers le démon.

- Je vous suis, mais faites attention. Je suis aveugle, pas idiote, et encore moins innocente. Au moindre comportement suspect, je me fâche. Sérieusement.

Sous des dehors légers, la menace de la déchue était réelle. Bien sûr, quand on voyait sa silhouette, si petite et si fine, on avait envie de se moquer d’elle plutôt que de l’écouter. Sauf que, même si elle le dissimulait très bien, Ay faisait partie du 8ème cercle... Et Adonis, si elle se rappelait bien, n’appartenait qu’au 4ème... Même s’il était tout à fait possible qu’il ait pris du galon.
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MessageSujet: Re: Renaissance...   Mer 7 Mai - 20:42

Une ombre de sourire passa fugacement sur les lèvres du séraphin. Non pas un de ces sourires joyeux qui dénotent une grande joie ou un bonheur quelconque, un sourire triste, emplie de fatalité. Ayaë n’était pas dans le faux ; aux antipodes de cela, elle était même dans la pleine vérité. Les anges, si supérieur qu’ils prétendent être, n’était finalement que des êtres aux discours bien prosaïques et prolixes en belles paroles creuses et dissonantes ne réfléchissant pas plus qu’un vulgaire cailloux sur le bord d’un chemin boueux. Les hommes impurs créations du Très-haut eux, possédait l’intelligence, la raison et la réflexion ; et ils l’utilisaient aussi bien pour faire le bien que le mal. Encore une fois, cette notion si manichéenne de bien et de mal. N’était il pas évident que le monde était bien plus complexe qu’un résonnement aussi simpliste et réducteur que cela ? Et cependant, nombre d’anges étaient convaincus du bien fonder de cette théorie. Tout était noir ou blanc ; il n’y avait nulle nuance, les justes, ceux qui avaient répandus la joie et le bonheur autour d’eux rejoignait les mânes de leurs ancêtres au Paradis ; quant à ceux que Cupidité et Concupiscence avait gouverné leur vie durant, les ardentes flammes de l’enfer les attendaient. Et les faibles êtres humains, à force de réflexion, d’axiome, de souffrance et de malheur, avaient compris cela. En cela, ils étaient supérieurs aux anges et leurs attitudes pompeuses. Et c’était de toutes les afflictions qu’ils subissaient de les hommes étaient capables de cela ; parce que leur vie était aussi courte qu’une étoile filante dans le ciel nébuleux où dansaient des petits points blancs semblant narguer la Terre.

Devenir aussi libre que possible… Déchue… Là n’était pas l’important. Ne valait-il mieux pas être libre de ses actes, ses paroles et actes qu’asservis par un despote injuste. Car en un sens, le Très-Haut n’était ni plus ni moins qu’un tyran. Du moins, il agissait ainsi. Toute résistance qu’on avait la stupide vanité, la vaine audace de lui opposer était balayée impitoyablement. Ainsi, il n’y avait nulle possibilité de libre expression comme dans certaines constitutions humaines. Néanmoins, Dieu était peut-être un despote éclairé ; et dans ce cas précis, les choses étaient différentes. Complètement différentes. Mais l’heure n’était pas à ces questions sans réponse. Eyaël savait qu’il recevrait bientôt la visite d’un ange lui sommant de se rendre sur le champ sur Celestia. Chose que le séraphin, dans sa grande sagesse, ne ferait pas. Peu lui importait les conséquences de son acte, qui étaient on ne plus prévisibles – à savoir devenir aussi libre que possible comme le disait si bien la déchue. Eyaël ne pouvait obéir aux ordres de Dieu tant qu’un doute hanterait son esprit. Un doute horrible qui n’était pas digne d’un ange de son rang. Mais où se trouvait la dignité dans tout cela ? Car si le séraphin avait vu juste, la faute revenait au Très-haut, et non a lui. Et pour connaître la vérité sur Dieu, Eyaël avait besoin de plus d’élément et d’une intense réflexion sur ce qu’il supputait déjà et connaîtrait par la suite. Et ces éléments étaient exempt des divines terre.

-La liberté, dit le séraphin, est peut-être l’une des meilleures choses qui puissent m’arriver ; car j’en ai grandement besoin pour mener à bien mon projet. Quant au fait que tu sois la première à te raccrocher à la possibilité d’arrêter les guerres, j’en n’en doute pas une seconde. Et pour tout te dire, il se peut que j’ai besoin de ton aide qui me serait plus que précieuse. Cependant, je ne peux t’en dire plus, car moi-même je ne possède pas suffisamment de certitude quant à la démarche à suivre.

La déchue enchaîna sur les sentiments que ressentaient quotidiennement les soldats. Certes, c’était une vérité indéniable. Mais était-ce bien pour autant ? N’était-ce pas au contraire malsain d’être ainsi constamment en proie au désir du sang et de la tuerie ? La folie, intense et grande n’était elle pas tapis dans l’ombre, guettant le fatal instant pour se saisir de sa proie qui s’était volontairement adonner à elle ?

-La sagesse est un long cheminement, mais il ne me semble pas que la concupiscence en fasse partie. A moins que tu ne veuilles dire qu’il faut aller au-delà de ce désir avilissant et ainsi être un peu plus sage ; alors dans ce cas je ne te contredirai pas car tu as tout à fait raison.

Eyaël sourit à l’ouïe de l’échange entre Ayaë et le démon. La déchue n’avait pas changer ; toujours aussi ironique et encline à jouer tant avec les mots qu’avec les êtres vivants. Ainsi était sa nature profonde, son essence, et rien n’y changerait quoique ce soit. Et c’était aussi bien ainsi. La déchue valait bien plus que tous ces anges soi-disant pur et porteur d’une sagesse qui n’était même pas la leur mais un doux syncrétisme qu’on leur avait inculqué depuis leur plus jeune âge. Et ces pensées qui régissaient leurs actes et paroles étaient si profondément enfoncés en eux qu’il était vain de tenter de les extirper. Ayaë, elle, possédait une philosophie propre emplie de vérité. Certes elle était une déchue. Mais cela importait peu. Qu’étaient les races finalement ? Toutes se considéraient comme la race des « élues » et toutes pourtant se fourvoyait gravement. Car elles étaient tout simplement complémentaire et nulle n’était au-dessus de l’autre. Encore et toujours ce raisonnement stupide et vain. Raisonnement qui était approuvé par Dieu lui-même. Une nouvelle preuve, que le Tout-puissant n’était ni immanent, ni absolue. Certes, ce postulat n’était valable qu’à partir du moment où l’on considérait que les races existaient, car après tout, elles résultaient toutes de la même création- que ce soit celle du Tout-puissant ou d’une autre entité.

-Je n’ai nulle obligation, dit Eyaël cyniquement, et la soif me taraude horriblement. En outre, il serait indécent de ne répondre favorablement à une dame. Donc, je pense qu’il est raisonnable de vous accompagnez. Et puis, monsieur le démon à besoin d’un peu de surveillance. Il a de bien fâcheuses manies.

En fait de toutes ces fausses « excuses », Eyaël avait simplement envie de répondre favorablement à la proposition du démon car il pensait avoir le droit de s’amuser un peu lui aussi. L’endroit n’était que peu propice à ce genre de chose, mais tant pis. Ce serait mieux que rien.
Eyaël jeta en bref regard aux alentours. Tout n’était que noirceur. Rien de réjouissant n’était présent en ce lieu désertique aux ombres vampiriques. Et il y’avait toujours cette masse informe de damnés errant on ne sait où dans cet endroit hors du temps. Le séraphin se sentit devenir tout splénique tandis qu’une impression de vacuité s’emparait de lui. Un doute s’insinuait peu à peu dans ces pensées auparavant si limpides. Peut-être que tout ces actes, toutes ces recherches n’étaient que vanité ? En outre, quel mérite aurait-il à connaître la vérité ? Ne recevrait-il pas plutôt les huées des foules que leurs honneurs ? C’était un risque à prendre, mais à bien réfléchir, il était bien plus honorable d’être dans le droit chemin, qu’égaré sur un sentier tortueux ne menant nulle part. Au moins, il n’y avait l’honneur d’avoir crû dans ses convictions, ses idéaux ; choses que toute être possédaient. Chacun avait ses aspirations, ses rêves, les dogmes en lesquelles il croyait. Ne pas avoir tout cela était une forme de Nihilisme. Nihilisme de soi-même, de ce qu’on était. Et l’aboutissement en était fatal : la mort. Dure réalité vers laquelle la vie elle-même convergeait. Et le Tout-puissant n’échappait certainement pas à cette règle. Tôt ou tard, l’ancestral démon se saisirait de lui et l’entraînerait dans le néant sage et calme. Mais l’heure n’était pas à philosopher sur le devenir de Dieu. Adviendrait ce qu’il adviendrait, le futur était si trouble que nul ne pouvait prétendre lire au travers ; les vicissitudes du temps étaient si grandes !
Eyaël, ne sachant que faire, interrogea successivement Adonis et Ayaë du regard. Si ni l’un ni l’autre n’avait l’intention de bouger, le séraphin ferait de même ; car il n’avait strictement aucune idée de l’endroit où Adonis voulait « boire une verre ».
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MessageSujet: Re: Renaissance...   Jeu 8 Mai - 11:30

- Et monsieur l'ange à une bien grande g...bouche... Lâcha le démon en se tournant vers Ayaë.

C'est qu'il fallait rester poli envers une dame ! Et puis la vulgarité n'apparaissait pas souvent sur les lèvres du Prince des flammes. Ce dernier entreprit de réfléchir à ses paroles pour répondre à la déchue sur un ton posé, concernant ses manières.


- J'apprécie les bonnes valeurs madame, mais j'ai aussi la faculté de connaître les limites. Vous ne recevrez de ma part aucun geste, aucun regard ni aucun dire suspect, je vous en donne ma parole.

De toute manière il ne pourrait pas la convaincre qu'il n'était pas pervers, alors autant lui montrer déjà qu'il ne le serait pas avec elle. Le démon regardait la rue. Où est ce qu'il pourrait bien y avoir une sorte de taverne, un bar, une auberge... Quelque chose où l'on pouvait boire quoi ! Ils pouvaient toujours s'incruster chez quelqu'un, mais cet ange s'y interposerait surement. Rhaaaa que de complications... Adonis aurait du ramener son vin en guerre, ça aurait été surement plus efficace avec de l'alcool, et il l'aurait jalousement gardé de façon à ce que personne de s'approche de ses liqueurs.
Que de folies...


- D'ordinaire des cafés, c'est pas ce qui manque dans les villes.

Il se mit à marcher et... coup de chance, il aperçut un panneau avec écris 'Chez Utchiwa". Ça avait bien l'air d'être un restaurant, ça fera l'affaire.

- J'ai jamais goûté aux saveurs asiatiques, je vous garantis rien. De plus il y a des chances pour qu'il y ai des morts au moment de payer l'addition, j'ai pas pensé à prendre de monnaie terrienne pour la guerre...

La fin de sa phrase était dite sur un ton ironique. Il tourna la tête vers Ayaë en affichant un grand sourire chaleureux et confiant bien qu'elle ne pouvait pas le voir.

- Mais bien sûr, je m'occupe de tout. Il ne s'agirait pas de vous salir les mains.

Le vil démon se dirigea d'un pas tranquille vers la porte qu'il poussa pour entrer. Tout galant comme il est, il se pressa de tenir la porte pour qu'Ayaë rentre, mais la lâcha pour Eyaël. (xD)
Le Prince des flammes chercha du regard des places, c'était bondé.


- Bon, on va faire sortir du monde je crois...

Il fit craquer ses doigts et se dirigea paisiblement vers un groupe d'amis qui buvaient une sorte de café à l'odeur forte sur une place à quatre.

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MessageSujet: Re: Renaissance...   Jeu 8 Mai - 16:48

Si Ayaë fut surprise des paroles d’Eyaël, elle n’en montra rien. Et pourtant... Il exprimait clairement qu’il désirait la liberté –la déchéance ?– afin de mener à bien un projet. Un projet qui nécessiterait l’aide de la déchue ! Elle, aider un Séraphin ? Pourquoi pas, après tout... Cet ange semblait bien plus éclairé que le reste de ses semblables et Ay devait avouer que cette histoire de projet l’intriguait. Néanmoins, elle ne commenta pas les paroles d’Eyaël. Il avait dit qu’il ne pouvait en dire plus, donc à quoi cela aurait-il servit de le questionner ? L’aveugle s’était donc contentée de hocher la tête, signifiant par là qu’elle attendrait que l’ange soit prêt à lui révéler ce qu’il préparait.

Puis Eyaël enchaîna sur ce désir qu’il avait ressenti durant la bataille et qui semblait l’avoir si profondément marqué. Choqué aurait été plus exact. Et que faisait-il à présent ? Il contredisait Ayaë alors qu’elle avait tenté –chose extraordinaire qu’elle-même ne s’expliquait pas– de le réconforter. Quelle idée que d’essayer de rassurer le Séraphin de la Sagesse !


- Certaines religions de ce monde prônent le dépassement du désir afin de s’élever à un état de conscience supérieur. Je ne sais s’ils ont raison mais ceux qui y parviennent semblent plus sages. Ce sentiment qui vous a assailli n’est rien d’autre qu’une des nombreuses facettes imparfaites de nos esprits et il peut être dépassé, selon moi. C’est en effet de cela que je parlais.

Dépassé... Ou accepté. Car, malgré toutes ses belles analyses et paroles, la déchue n’avait quant à elle pas la moindre intention d’abandonner le désir. C’était une sensation trop forte, trop prenante pour qu’elle puisse avoir ne serait-ce que l’envie d’y renoncer. Dusse ce désir s’accompagner d’horreur, comme durant les batailles lorsque l’on prenait la vie. Ce sentiment que rejetait –semblait même redouter– Eyaël, Ay, elle, l’acceptait. L’accueillait avec une certaine joie morbide lorsqu’il arrivait. Peut-être était-ce cela qui le faisait repartir aussi vite ensuite. Ou pas. Cela n’avait pas tant d’importance, finalement. Ce désir avilissant qui rebutait l’ange, la déchue l’aimait bien, elle. Ce n’était, somme toute, que leurs façons parfois si différentes de penser qui faisaient qu’ils acceptaient ou non certaines choses.

Ayaë, ayant retrouvé son attitude plus... habituelle, dirons-nous, sourit à la réponse qui lui offrit le Séraphin quant au fait qu’il les accompagnait. Eyaël semblait avoir besoin de distraction. Il n’allait certainement pas être déçu. Quoi qu’elle doutât que les anges aient la même définition du mot « amusement » que les démons et les déchus. Enfin, elle verrait bien.
Ay ne put toutefois s’empêcher de répondre au Séraphin. Ses deux dernières phrases ne lui convenaient pas exactement, à elle qui était tant éprise de liberté. Liberté. Encore ce mot.


- Vos intentions sont louables, Eyaël, néanmoins je pense pouvoir surveiller notre ami le démon toute seule. Si vous voyez ce que je veux dire...

Un sourire carnassier étira ses lèvres une fois qu’elle eut fini sa phrase. Sourire carnassier qui se mua en sourire moqueur lorsqu’Adonis prit la parole. Les relations entre l’ange et le démon promettaient d’être aussi amusantes qu’explosives.
Ayaë fronça soudain un sourcil tout en arquant l’autre, formant ainsi une expression d’un comique tout à fait volontaire. Comment le Prince des Flammes l’avait-elle appelée ?


- Madame ? Non, vous devez vous tromper. Moi, c’est Ayaë.

Clin d’œil amusé. La déchue, comme elle l’avait si bien fait sentir, avait en horreur les formalités du genre « madame ». Elle avait l’impression d’avoir 150 ans lorsqu’on la nommait ainsi, même si, comme Eyaël le lui avait rappelé, les mots n’avaient de l’importance que quand on leur en accordait.
Quant au fait qu’Adonis lui donnait sa parole... En avait-il réellement une ? Rien n’était moins sûr. Mais Ay ne releva pas, pour une fois. Il était tant de changer de sujet.
Puis le démon enchaîna sur... le fait que les cafés abondaient dans les villes. Quel extraordinaire sens de l’observation !
L’aveugle choisit de ne pas se mêler de la « recherche du café ». Elle savait pertinemment qu’il y en avait un pas très loin –elle percevait des effluves d’alcool mêlée à des odeurs de plats cuisinés– mais elle n’allait tout de même pas tout faire toute seule... D’ailleurs, le Prince des Flammes trouva bien vite le café en question, qui se révélait même être un restaurant. Puis il prit la parole. Ayaë arbora une nouvelle fois son sourire moqueur.


- Vous offrez un verre que vous n’avez pas les moyens de payer ? Belle initiative.

La déchue sentit plus qu’elle ne vit –évidemment– le sourire qui accompagna les mots d’Adonis.

- Alors là, c’est hors de question. Il serait injuste que vous soyez le seul à vous amuser !

Elle lui adressa de nouveau son sourire carnassier avant de lui emboîter le pas en direction du restaurant. Elle entra alors qu’Adonis lui tenait la porte puis, d’un geste vif, la retint à son tour pour Eyaël tout en lançant un clin d’œil narquois au Prince des Flammes. Ses actions étaient tellement prévisibles !
Puis le démon dit qu’il allait falloir faire sortir du monde... L’aveugle le suivit en direction de la table qu’il avait remarquée. Une table située dans un coin de la pièce –elle l’entendait aux sons qui rebondissaient sur les murs tout proches– et autour de laquelle l’air semblait plus respirable qu’ailleurs dans le restaurant. Il devait y avoir une conduite d’aération pas loin, ce qui atténuait l’atmosphère enfumée, presque irrespirable, de la salle. Sans aucun doute, l’établissement était malfamé –comment aurait-il pu en être autrement vu le quartier dans lequel il se trouvait ?– et pourtant ce qu’on y servait semblait être mangeable... Une chance.
Ay se tourna vers les deux hommes qui l'accompagnaient.


- Laissez-moi récupérer ces places... Non, Eyaël, ne vous inquiétez pas, personne ne sera blessé.

Elle avait anticipé la probable réaction de l’ange histoire qu’il n’y ait pas de problèmes. De toute façon, elle n’avait aucunement envide de maltraiter ces jeunes humains. Non, cela n’était pas la peine. Il lui suffisait de les terroriser.
Ayaë s’avança donc tout près de la table. Elle attendit calmement que la conversation du petit groupe s’interrompe, ce qui ne prit en fait que quelques secondes. Quatre paires d’yeux intrigués étaient rivés sur elle. Une expression pas vraiment rassurante se peignit sur son visage alors qu’elle se mettait à parler dans son chinois parfait :


- Mes amis et moi voudrions nous installer. Et puisque la salle est bondée, on s’est dit qu’il fallait trouver des gens sympas qui nous laisseraient leurs places. Ce que vous allez faire, n’est-ce pas ?

Les quatre amis semblèrent hésiter quant à la réaction à avoir. La jeune femme qui leur parlait avait beau être frêle et vraiment pas du tout inquiétante –physiquement parlant–, l’assurance qu’elle montrait incitait à la prudence.
Mais, finalement, ils éclatèrent de rire. Cette fille était ridicule !
La déchue n’avait pas bougé. Elle attendit patiemment que le groupe se calme pour reprendre. Cette fois, sa voix s’était chargée de quelque chose d’inquiétant, de sous-entendus menaçants...


- Ma question n’en était pas une. Vous vous barrez, tout de suite, ou je me fâche. Libre à vous de me prendre au sérieux ou pas. Sauf que je ne peux pas vous garantir que vous rentrerez chez vous en un seul morceau si je m'énerve... Surtout que j'ai faim.

Ay ponctua la fin de sa phrase par un sourire tout ce qu’il y a d’effrayant. Un sourire qui dévoila des dents d’une blancheur parfaite mais, surtout, des canines acérées... Puis, avec une lenteur toute calculée, elle fixa chacun des quatre garçons, un par un. Elle savait que son état d’albinos en faisait fuir plus d’un, surtout quand on apercevait ensuite son regard sans vie. Mais, bien que cela ait joué un certain rôle dans la terreur qu’elle sentait monter chez les humains, ce ne fut pas cela qui les inquiéta le plus. Non, ce fut autre chose...
Alors qu’elle fixait chaque jeune homme, elle jouait avec ses yeux. Ses yeux, de ce rouge terne si déroutant, semblaient, l’espace d’une fraction de seconde, se fendre comme ceux d’un félin, avant de redevenir normaux, puis de changer de nouveau. Ceci, ajouté à ses canines visibles derrière son sourire, finit de faire paniquer les quatre garçons. Cette fille avait quelque chose de... pas humain.
Ayaë entendit leurs cœurs s’affoler. Nouveau sourire.


- Alors ?

Le mot ressemblait plus à un feulement animal qu’à un son humain. Le groupe se leva dans un ensemble parfait et s’éloigna à grands pas, tentant tant bien que mal de se donner une contenance.
La déchue tourna vers ses compagnons. Elle était redevenue, disons, un temps soit peu « normale ». Un sourire hilare fendait son visage.


- Trop facile ! Et sans violence aucune...

Ayaë fit un clin d’œil à Eyaël à sa dernière phrase puis, soupirant, s’assit sur une des chaises enfin libérées. Elle ne savait pas si l’ange et le démon parlaient chinois, et donc s’ils avaient pu comprendre quoi que ce soit lorsqu’elle avait parlé... Mais cela n’avait pas d’importance, en fin de compte. Puisque c’était le résultat qui comptait et que le résultat était bel et bien là.
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MessageSujet: Re: Renaissance...   Dim 11 Mai - 19:46

L’étrange Vie, ballote, émerveille, éblouit de ses éons magnifiques ou terrifie de ses airs sordides ; ainsi était elle, profonde, incompréhensible. La Vie semblait posséder une volonté propre qui était au-delà de la simple conception des choses de tout un chacun, elle ne représentait ni le bien ni le mal, pouvait tout aussi bien nouer que dénouer l’existence éphémère, engendrer joie et tristesse, sans jamais s’émouvoir. Implacable, et cependant Tendresse. Paradoxe étrange, c’était certes vrai, mais qui n’était pas dénué de sens. L’adage « qui aime bien châtie bien » illustrait parfaitement cette idée de la Vie au front d’airain sur lequel cependant le rayon de la bonté flamboyait. Aucun des coups qu’elle portait n’était destiné à blesser, tuer, engendrer le mal ou la haine, ils étaient destinés à forger l’être que l’on devenait. Il était en effet vérité que ceux qui restaient fièrement debout, endurait l’impitoyable souffrance qu’on lui envoyait, refusaient de courber l’échine, regardaient droit devant, par delà la tempête, vers les horizons vastes et chatoyants, ceux là recevaient en retour une joie sans égale, un bonheur ineffable, une félicité qu’ils sont les seuls à posséder et chérissent par-dessus tout. Telle est leur récompense ; mais combien ont-ils souffert pour parvenir jusque là ? Quelles sont les heures d’angoisses, de doutes, de terreurs sans noms auxquels ils avaient été confrontés ? Nul n’en avait idée, seul l’imagination pouvait tenter de visualiser ce concept à tout être n’en ayant pas fait la bienheureuse expérience. Et au prix de la folie, car rien ne pouvait simplement concevoir une telle souffrance sans que le venin de la folie ne s’insinue en leurs veines et bannissent d’eux toute raison, à eux qui avait voulu braver les secrets interdits.
Et ces hommes, ces femmes que la tempête n’avait pas vaincus étaient différents des autres ; ils étaient devenus « autre ». Eux aussi, devenait par-delà la compréhension de par leur manière de penser, de se comporter et de s’exprimer ; il y’avait dans leur regard une lueur étrange, limpide qui enchantait, hypnotisait d’une telle manière que les hommes ordinaires et tout ce qui était analogue à la création originel s’en effrayait, les rejetait ; ainsi ils devenaient des bannis, des gens étranges qu’il ne convenait pas d’approcher. Et ce comportement injuste et ignominieux n’était dû qu’à la peur des gens pour la différence de leurs « frères d’humanité ». Ah, mais quelle euphémisme que celui-là ! Quel blasphème ! Comment était-ce possible d’être le frère d’un homme que l’on avait jamais vu ? La réponse était pourtant évidente :
En partant du postulat que l’être humain descendait de l’accouplement de deux hommes préhistoriques, alors l’humanité entière était les descendants de ces deux êtres ; et par conséquent, chacun était le frère de l’autre. C’était irréfutable. Certes, d’aucun pourraient contester cet axiome, mais de quoi partirait-il alors ? Un raisonnement ne tient pas sur le néant, sinon il s’agit alors d’anarchie, et de l’anarchie ne sors que la destruction.
Mais là n’est pas la question. Ainsi donc, renié ainsi ceux qui étaient ses propres frères, les membres de sa famille, n’était finalement rien d’autre que du nihilisme. Du nihilisme de soi même. Cependant, il était indéniable que ces êtres étaient différents.
Et alors quoi ! La différence n’avait elle pas l’infime honneur d’exister ? Devait se résoudre à être conspué, malmener et disparaître. Etait-ce donc là le destin de ces hommes rayonnant et de ces nobles femmes ? C’est donc que l’humanité était bien cruelle !

Par analogie, Eyaël pouvait être comparé aux élues à qui la Vie avait fait son plus beau cadeau. Non pas que le séraphin soit rejeté par les siens car ce rejet était volontaire et nécessaire. Eyaël ne pouvait rester avec ceux qui le considérait comme un étranger, indigne, alors qu’ils ne le comprenaient pas, tout simplement. Mais autre que ces futiles détails, le séraphin était également l’un des premiers anges –non pas à renier Dieu- mais à être aussi proche de la vérité que lui. Là était l’objectif d’Eyaël. L’ange avait le désir –peut-être concupiscent- de mettre à jour la véritable identité sur celui qui se faisait appeler Dieu et prétendait être immanent, absolu et omniscient. Or deux de ces affirmations étaient nécessairement fausses ou du moins inexacts. Le Tout-puissant ne pouvait être immanent tout simplement parce que s’il l’était, la création devait être nécessairement aussi pur que lui ; or, tel n’était pas le cas. Quant au fait que le Très-haut dans ses antiques terres soit omniscient, c’était également littéralement impossible ; et Dieu lui-même l’affirmait. Car si Dieu était omniscient, il connaissait toutes choses, et donc logiquement le passé, le présent et le futur. Et dans ce cas précis, si Dieu connaissait le futur, alors, c’est que le destin existait et que la voie de chacun était déjà tracée comme le prônait certaines sectes dévoyées. Les humains n’étaient donc que des pantins qui n’avaient pas le choix de dire « oui » ou non » au Tout-puissant comme il se plaisait à le répéter inlassablement dans sa prétendue sagesse. Mais si Dieu mentait effrontément, qui était il donc ? Question essentiel et qui n’était d’une des ramification de la grande interrogation qui gouvernait les mondes : Pourquoi la vie ? Tout découlait de cette simple et unique question d’apparence banale.

Mais l’heure n’était pas à philosopher, l’ange en avait conscience, bien qu’il n’ait pas le cœur à se divertir. Tout juste, peut-être, à s’enivrer dans des plaisirs éphémères. Comme il l’avait fait auparavant en s’adonnant à la vengeance et à la joie malsaine et suintante du suc de Satan, l’ancestral démon, ennemi de l’humanité. Trop absorbé pour répondre à Ayaë, ou se formalisait des pitreries pitoyables du démon, le séraphin ne pronça aucune parole et laissa Adonis les guider. Ce dernier n’était pas dangereux pour le moment, et n’avait d’ailleurs aucun sentiment belliqueux à leurs égards. Et cependant, si tel était le cas, le démon n’avait aucune chance. Eyaël et la déchue lui était supérieur, et de loin. Seul la ruse lui permettrait de l’emporter, et le séraphin doutait qu’Adonis ait planifié tout cela. En outre, il paraissait sincèrement étonner de le trouver ici, sur les terres humaines.
Ainsi donc, Eyaël se contenta de marcher à travers les antiques bâtisses qu’un temps plus heureux avait vu fièrement dressé, les ombres spectrales et mouvantes et la foule hurlante des damnés condamnée à un errements éternel.

Après un moment dont le séraphin n’aurait sût estimer la longueur – le temps n’avait pas de prise en ce lieu, il était inutile de tenter ne serait-ce que de le mesurer- ils parvinrent à ce que les humains appelaient un bar. Sans hésitation, le séraphin pénétra à l’intérieur, suivant Adonis et Ayaë, faisant fi du geste d’une vaine stupidité. L’endroit n’était pas propice à déclencher une échauffourée. Le bar en question était bondé, et nul n’avait l’air pressé de s’en aller. Le séraphin soupira, près à aller voir ailleurs, lorsque le démon fit sa proposition. S’apprêtant à répliquer, Eyaël fit un geste en direction d’Adonis dans l’espoir de le retenir. Peine perdue, Ayaë intervint, et un sourire aux lèvres se dirigea vers la table sur laquelle elle avait jeté son dévolu. La scène qui suivit laissa Eyaël pantois. La déchue avait utilisé ce que l’on pouvait appeler des « arguments convaincants », et n’avait ainsi pas eu recours à la force. Une performance remarquable qu’Eyaël ne manqua pas de faire remarquer à la déchue :

-Toutes mes félicitations, Ayaë, dit l’ange sur un ton où perçait le respect, jamais je n’aurais crû voir un jour une scène pareil. Et ce, comme tu l’as si bien dit, sans violence aucune. Quoiqu’il en soit, maintenant que nous y sommes, autant vous installez.

Joignant le geste à la parole, le séraphin s’assit et détailla un peu plus la pièce dans laquelle ils se trouvaient. Les murs miteux, le plancher vermoulu d’où s’exhalait des odeurs putrides montraient la pauvreté du lieu ; le comptoir, en bois, grossièrement taillé était grignoté par les mites et semblait être sur le point de s’effondrer ; une lueur tamisé, démoniaque, éclairait faiblement le lieux où braillaient, vagissaient à qui mieux-mieux des hommes difformes et tordus, dialectant dans un jargon peu élégant. Il n’y avait là rien de réjouissant, mais la nourriture qui était servie paraissait mangeable. C’était déjà ça. Reportant son attention sur ses deux compagnons, Eyaël lança à tout hasard :

-Qu’est ce que vous prenez ? Contrairement à notre ami le démon, j’ai de quoi payé. Je n’ai aucune envie d’avoir quelques petits problèmes lorsqu’il faudra débourser si vous voyez ce que je veux dire. Non pas que foncièrement cela me dérangeât, mais je déteste avoir recours à la violence alors que les choses peuvent se régler bien plus facilement et rapidement par la même occasion.

Cependant, Eyaël n’était pas intéresser par la boisson qu’il avait pourtant évoquer lui-même. Le séraphin avait pris la décision de faire part aux deux êtres ses réflexions et ses plus folles supputations, en leur démontrant tout son raisonnement point par point pour que la compréhension soit complète. Il ne s’agissait pas qu’ils fassent des contresens monumenteux ; en outre, la chose était d’une incroyable complexité et avait nécessité aux séraphins des années de réflexions.

-Passons à autre chose, dit le séraphin gravement. Contrairement à ce que je t’ai annoncé tout à l’heure, je vais vous exposez ce que je sais, ce que je suppute et ce que soulève ces hypothèses. Je suis certain que cela vous intéressera. Cela concerne le Tout-puissant…

Eyaël se tut un court instant. Il n’était pas certains que cela soit exact, mais tant pis, les risques étaient inhérent à l’homme, de même que la souffrance :

-Et la possibilité d’arrêter les guerres, termina Eyaël. Voulez-vous les entendre ?

Se reversant négligemment dans son siège, le regard préoccupé, le séraphin interrogea successivement Adonis, puis la déchue. Leur réponse, Eyaël l’espérait positive, il en était certains à présent : Leur aide nécessaire pour qu’il puisse atteindre son objectif. Là peut-être se jouait son destin.


Dernière édition par Eyaël le Dim 11 Mai - 21:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Renaissance...   Dim 11 Mai - 21:10

Oh, si elle commençait déjà à se monopoliser les victimes... Enfin, Adonis déjà à sacrifier tout son plaisir pour elle ! Il voulait bien tout lui laisser, il fera n'importe quoi sur un seul mot d'ordre... Ahhh.. Que de rêves...

Le démon regardait patiemment la déchue convaincre aimablement les jeunes de leur laisser la place. De toute manière, il n'avait pas l'intention de les tuer ces jeunes, pas encore... Il s'était senti légèrement vexé lorsqu'Ayaë avait retenu la porte, si on ne pouvait plus s'amuser de nos jours...

Il ne put s'empêcher de pouffer de rire devant la réplique d'Eyaël quand ce dernier complimenta d'une manière 'proutprout' la déchue.


- Tout à fait ravissant, vous êtes mon idôôôôle ma chère ! lâcha t-il ironiquement en regardant l'ange d'un air moqueur.

Il tira ensuite une chaise pour s'y assoir avant de lâcher sur un ton moins moqueur.


- Lèche plutôt les bottes de ton dieu...

Il releva le fait qu'Eyaël avait de quoi payer. Pauvre petite nature qui n'aimait pas les bobos... Il n'aime pas la violence ? Oh, c'est si triste... Adonis haussa les épaules. Au pire il boira tellement que l'ange n'aura plus assez de sous après, mais le problème c'est qu'il ne pourra pas rester très.. sobre après.

- C'est tout aussi rapide d'enfoncer un bâton dans la gorge d'un homme, dis surtout que t'as les jetons.

Le prince des flammes décida ensuite de se calmer. C'était sa nature de provoquer les anges... Mais en présence d'une dame qui avait plutôt tendance à prendre le parti d'Eyaël dans cette situation, il valait mieux retenir quelques unes de ses paroles. Son sérieux revint sur son visage lorsqu'Eyaël posa cette question. Arrêter les guerres... Ça semblait impossible et pour être totalement franc, la guerre ne dérangeait en aucun cas le prince des flammes. Si une nouvelle guerre se déclenchait, quelque soit la race il y participerait pour défendre l'honneur du mal. Tel était son devoir à ses yeux. Eyaël prétendait avoir la réponse... Non.. Ce devait être faux.

- La guerre continuera tant qu'il y aura des personnes pour la faire. Des deux cotés, ceux qui détestent le plus la guerre sont ceux qui font le plus de massacre dans l'espoir de ne plus en faire. Je ne pense pas que ta solution soit réalisable, quelle qu'elle soit. Mais je t'écoute...

Il n'y avait plus once de stupidité, de moquerie, de gaminerie.. Le Prince des flammes s'engageait dans une discussion sérieuse dont il pensait avoir le niveau pour suivre, une discussion de grand. Cette fois, ses pensées ne divaguaient plus sur Ayaë et ses formes... ou autre chose.

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Ayaë Kihira
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MessageSujet: Re: Renaissance...   Lun 12 Mai - 13:07

Ayaë, malgré toute sa bonne volonté, eut du mal à saisir le véritable sens des paroles du Séraphin... Il n’aurait jamais cru voir une scène comme celle qui venait de se jouer ? Et pourquoi donc ? Certes, Ay avait changé et gagné en calme et en « persuasion » ce qu’elle avait perdu en agressivité, et un comportement comme celui qu’elle venait d’avoir aurait été presque impossible avant, mais quand même... Enfin, devait-elle prendre ces paroles comme un compliment ? Oui, certainement, le ton de la voix d’Eyaël ne mentait pas.
La déchue inclina donc légèrement la tête vers l’ange en guise de remerciement à ce qu’elle décidait de prendre pour un compliment.
Sans violence aucune ? Bien évidemment. Elle n’avait rien contre ces humains-là. Sauf qu’elle ne put se retenir de répondre à l’ange avec sa raillerie habituelle...


- En fait, j’en aurais bien mangé un ou deux, mais j’ai craint d’effrayer toute le salle, vous compris. Et puis, cela aurait fait désordre.

Puis l’aveugle reporta son attention sur le démon qui venait de lui parler avec un ton ironique qui, lui, ne lui était pas destiné. Néanmoins, juste avant, Ayaë avait cru percevoir quelque chose comme de la... déception chez Adonis. Oh, il aurait voulu s’occuper lui-même des jeunes gens ? Et bien, dommage. Pour cette fois, il s’était fait brûler la politesse...
Ay se pencha vers le Prince des Flammes pour lui murmurer dans le creux de l’oreille une question qui n’en était pas une...


- Les prochains sont pour vous, d'accord ?

Puis elle enchaîna d’une voix plus forte, répliquant cette fois à cette phrase où le démon avouait, sans être sérieux bien sûr, que la déchue était son « idôôôôle ». Sauf que l’idôôôôle en question pouvait très bien prendre de tels mots au premier degré...

- Et vous, vous êtes mon énième fan, mon cher ! répliqua-t-elle, ironique à son tour.

Elle ne commenta pas les paroles d’Adonis qui suivirent. Après tout, elles ne lui étaient en rien destinées. Et puis, comme elle le pensait, les relations entre l’ange et le démon était plutôt explosives, et cela l’amusait plus d’y assister comme elle le faisait que d’y prendre part... Et elle devait avouer être curieuse de voir la réaction d’Eyaël à toutes les provocations du Prince des Flammes. Dans l’hypothèse où il daignerait y réagir, bien sûr...
Puis le Séraphin, apparemment le seul ayant de l’argent –Ayaë n’ayant pas apporté le sien dans sa retraite dans l’Himalaya, ce qui était somme toute normal–, demanda à ses interlocuteurs ce qu’ils prenaient. Bien que réticente à l’idée de se faire payer quoi que ce soit, fusse-ce avec de l’argent humain, la déchue devait avouer qu’il n’y avait pas d’autre solution qui ne soit pas susceptible de se terminer par un massacre. En même temps, la solution d’Adonis n’était pas pour lui déplaire...


- Je prendrai... que font-ils ici ?... disons, un Gin.

Oui, elle prenait une boisson classique, que tout le monde connaissait, car elle n’était pas sûre que l’on puisse tout servir dans un café comme celui où elle était...

Puis Adonis provoqua de nouveau Eyaël. Et de nouveau, l’aveugle ne fit rien. Quoi que, quand même, l’ange ne lui léchait pas les bottes, si ? Non, c’était simplement sa façon de parler qui devait surprendre le démon.

Et le Séraphin fit enfin cette remarque... Lui qui, quelques minutes auparavant, expliquait qu’il manquait d’éléments pour avancer ses pensées, semblait soudain avoir changé d’avis et être résolu à exprimer ses découvertes... Ayaë, pour le coup, retrouva bien rapidement son sérieux. Elle savait maintenant ce qu’elle faisait là...

Ah, le Destin... Cette chose si affreuse à ses yeux, cette chose qui, selon les croyances, trace notre vie à l’avance sans que nous ne puissions rien y faire... Heureusement, cette ‘puissance’ n’existait en tant que tel que dans l’esprit des fanatiques. Car la déchue, plus que jamais, se sentait libre. C’étaient ses choix qui dessinaient la voie devant elle, et non une obscure force aux desseins incompréhensibles. Ce savoir-ci pulsait en elle depuis qu’elle était ‘revenue’. Elle faisait ce qu’elle voulait, quand elle le voulait. C’était ainsi qu’elle voulait exister. Mais elle n’en restait pas moins fidèle à ses anciens alliés et frères car, comme le disait une personne dont le nom lui échappait, la véritable liberté ne consiste pas à faire ce qu’on veut mais ce qu’on doit, et ça, elle l'avait compris depuis belle lurette.
Néanmoins, si ce Destin n’existait pas et que ses choix étaient réellement dictés uniquement par la raison, quel était ce curieux sentiment qui l’avait poussé à venir se poser sur ce banc de ce quartier malfamé de Pékin ? Un lieu si différent de ceux qu’elle recherchait habituellement ? Quel était cette certitude qui l’avait conduite là-bas ? Oui, une certitude. Et dans ce lieu si incongru elle avait rencontré un ange. Et après, elle osait penser que le Destin n’était que de sombres élucubrations de fanatiques ? Non, c’était impossible... Et pourtant, au fil des minutes, une suggestion s’imposa à son esprit. Et si, finalement, ce Destin existait, mais sous une forme bien différente de celle qu’on lui prêtait ? Sous une forme plus ‘souple’, plus facile à ressentir aussi... Car, en fin de compte, ce qui avait guidé Ay vers Eyaël n’était rien d’autre qu’une injonction de son instinct, une intuition comme une autre, comme celles qu’elle, en tant que mi-animal, entendait bien souvent...
Et tout ce Destin-là, ce qu’elle pourrait presque appeler ce pressentiment, l’avait conduite à ce qu’elle recherchait depuis longtemps... Une personne ayant la même volonté qu’elle à découvrir la vérité vraie, aussi sombre soit-elle, et à arrêter la guerre...

Voulait-elle donc entre le fruit des recherches du Séraphin de la Sagesse ? Quelle question ! Bien évidemment qu’elle le souhaitait. Mais, tout d’abord, ce fut la réponse d’Adonis –lui aussi redevenu sérieux, tiens– qui la perturba... Le fait qu’il énonçait était tellement vrai... Oui, ceux qui détestaient la guerre étaient ceux qui participaient le plus aux massacres, Ay en était une preuve vivante.
A de bien tristes extrémités l’avaient conduite ses désirs...


- La guerre a emporté mon père et, depuis lors, j’ai certainement à mon tour arraché de nombreux pères à leur famille... Néanmoins, vous le savez, Eyaël, tout ce que je souhaite est l’arrêt de cette guerre. Après tout c'est parce que je menais des recherches en ce sens que j'ai été déchue. Quant à ce ‘Dieu’... J’ai depuis longtemps déjà la certitude qu’il est loin d’être celui qu’on croit. Mais trop peu de gens y réfléchissent. Donc, bien sûr que je vous écoute...

L’aveugle, après ce nouveau mais bref plongeon dans son passé, releva la tête qu’elle avait légèrement baissée. Son expression était à présent d’une détermination sans faille, et son regard mort encore plus vide qu’à l’accoutumée. Ayaë était sérieuse et attentive comme elle ne l’avait jamais été depuis très, très, longtemps.
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MessageSujet: Re: Renaissance...   Jeu 15 Mai - 22:48

(pas d'inspi ...)

Le séraphin laissa glisser sur lui les sarcasmes du démon dont il n’avait que faire ; ce n’était après tout que de simples paroles iniques, destinées à blesser. En outre, Eyaël considérait ne pas avoir à perdre son temps avec de telles futilités qui ne lui apporteraient rien. A l’exception d’une sourde colère ne créant que plus de problèmes qu’il y’en avait déjà et n’engendrant que des atrocités.
Comme il s’y attendait, les deux êtres devinrent soudain attentif à ses paroles. Un instant, le séraphin songea qu’il enfreignait une bonne partie des préceptes angéliques. Mais ces dogmes si fondamentaux n’étaient peut-être qu’un tissu de mensonges ; et à quoi bon vénérer et respecter ce qui par essence était faux ? C’était la stupidité même que de faire un acte tel que celui-ci, et seul les fous et les embrigadés le commettaient. Or, la plupart des anges étaient dans un des deux cas –voir même les deux. Raisonner avec eux était donc impossible puisque leur théorie ne pouvait s’effondrer tant elle était imprégnée en eux. L’on pouvait même se demander si c’était les anges qui avaient naître la théorie ou l’inverse. Mais là n’était pas le sujet. Eyaël prit une grande inspiration, conscient que ce qu’il s’apprêtait à révéler, en plus de le discréditer en tant qu’ange, ébranler tout ce qui découlait de l’appartenance de Dieu au monde. Le séraphin répondit tout d’abord au démon :


-Tu as certes raison sur ce point, cependant, ton raisonnement n’est pas suffisamment approfondi. Car si il est vrai que la guerre ne cessera pas tant qu’il y’aura des opposants pour les faire, encore faut il savoir pourquoi se battent-ils. Généralement, on ne se bat pas pour rien, on agit ainsi pour s’approprier quelques choses, assouvir un besoin irrépressible ou encore pour obéir à un ordre d’un supérieur, les raisons sont vastes ; et en éradiquant ces raisons, alors il n’y à plus de raison d’engendrer un conflit.

Le raisonnement était contestable, c’était vrai, cependant, Eyaël ne s’attarda pas à démontrer qu’il avait tort ou raison. Bien d’autres points devaient être éclairés :


-Mais revenons à ce que je disais, reprit Eyaël. Pour ma part, après maints lectures –interdites ou non- après maints raisonnements, j’en suis arrivé, comme je le disais il n’y à pas longtemps à Ayaë, à une conclusion qui n’est pas digne d’un ange. Je suis parvenu à me dire que le Tout-puissant n’était peut-être pas ce qu’il prétend être, qu’i n’est ni immanent, ni absolu, et encore moins omniscient ; plus encore, je pense même qu’il serait la source d’une grande part des guerres. Pas toutes néanmoins, tout ne peut lui être imputé.

Le séraphin se tût un court instant pour laisser à Adonis le soin de prendre note de tout ce qu’il venait de dire, Ayaë étant déjà au courant de ce raisonnement dont Eyaël lui avait fait part un peu plus tôt auparavant. En outre, le démon aurait peut-être quelque chose à dire ; si il devait être coupé, autant que ce soit maintenant, et non en plein discours. Ne voyant aucune objection sortir de la bouche d’Adonis, Eyaël repris :


-Je vais donc m’employer à vous le prouver. Tout d’abord, si Dieu était immanent, la création serait bonne, or, par essence, elle est mauvaise. C’est un fait que nul ne peut réfuter ; sinon pourquoi les guerres qui n’engendrent que vanité et fleuves de désespoir infini ? Pourquoi toute cette souffrance inhérente au monde ou plus exactement à l’existence ? Car, à partir de l'instant ou l’on existe, alors la souffrance fait partie de nous. Il me semble qu’aucun d’entre vous ne me contredira. Ainsi, la non immanence de Dieu est prouvée.
Quant à son omniscience, elle est, elle aussi, tout à fait réfutable puisque si le Très-haut est omniscient, il connaît pour ainsi dire tout. Et donc, il possède nécessairement le savoir du passé, du présent, mais aussi de l’avenir ; or, si l’avenir est prédéfini, le destin existe, et nous ne sommes que des patins obéissants à une voie tortueuse à laquelle nous ne pouvons échapper. Et cette conception des choses est contraire au message de Dieu. Il est donc foncièrement impossible que Dieu soit omniscient.
Passons à son soi-disant absolutisme. Si c’était le cas, alors, il représenterait la sagesse est la vérité, ce qui est bon, juste, pur. Et les deux cas précédents ainsi que ce qui en découle démontre qu’il n’est déjà pas vérité. Jusque là, êtes vous d’accord avec mon raisonnement ?

Le séraphin planta successivement son regard dans celui –sans vie- d’Ayaë, puis d’Adonis. Puis, sans ce soucier qu’une éventuelle réponse, Eyaël continua son discours, plein d’une logique implacable et d’une raison extraordinaire :

-Ainsi donc, le Très-haut est autre que l’apparence qu’il se donne. Il est à la fois bien plus est bien moins. Bien plus car, de la manière dont il gouverne, il est vénéré par bien des peuples, considérer comme un être divin, définitivement supérieur ; bien moins car il est limité. Limité par lui-même et les dogmes qu’il a imposés aux autres ainsi qu’à son être ; sans son titre de « Dieu », il n’est rien d’autre qu’une essence errant dans le cosmos. Il à donc besoin des Hommes et de tous les êtres vivant pour être quelque chose de supérieur à eux. Nécessairement, il doit également se placer au-dessus d’eux ; et quoi de plus facile pour cela que la genèse dans laquelle il créer toutes espèces ? Car s’il créer, il gouverne. Mais là n’est pas toute la question. La question est de savoir ce qu’il est. Même si l’on sait qu’il n’est pas Dieu, c’est insuffisant pour tirer des conclusions. Alors, il n’y à qu’une seule solution : obtenir ces informations, à n’importe quel prix. Et pour cela, j’aurais besoin de me rendre dans certains lieux…Pas très conseiller pour tout ce qui est analogue, de près ou de loin, à la race angélique. Si vous voyez ce que je veux dire.


La déchue et le démon devaient certainement avoir compris qu’Eyaël désirait leur aide pour avoir la possibilité de jouir du savoir du royaume démoniaque, de la terre maudite, des détestables Enfers. Ce détestable savoir duquel, pourtant, soufflerait le vent de la mutinerie bienheureuse, de la lumière et de la pureté. Oui de la douce lumière tamisé, mordoré, vive et éclatante ; cette lumière qui guidait chacun qui voulait bien suivre sa flamme à travers les ténèbres ; cette disgracieuse lumière qui accomplirait maints merveilles en tant voulu. Et peut être que de cet espoir sibyllin découlerait, pour lui, la liberté à laquelle il aspirait et dont il n’avait jamais goûter les saveurs exquises et interdites. L’ange s’ébroua, cligna des paupières comme après un long rêve, eut un léger tic, puis prit de nouveau la parole de sa voix calme et posée, empreinte de sagesse :


-Pour revenir au sujet principal qui n’était autre que les guerres, je vais vous expliquez pourquoi je me suis employé à dénigrer Dieu et à le ravaler à un statut bien en de ça de ce qu’il est et était jusqu’à présent. Tout simplement parce que de son statut, Dieu engendre nombre de conflit. A commencer par la guerre entre les anges et les démons, qui en est l’exemple frappant. Et si on va plus loin, on peut comparer les anges et les démons à un même ensemble, un même cœur qui palpite ensemble, se bat l’un contre l’autre tel une âme le fait ; nous représentons donc les aspiration –quel quelles soient- d’un même individu, tiraillé entre plusieurs désirs. Mais là n’est pas la question. Pour résumer ma pensée, Dieu serait plus ou moins responsable des guerres, de part sa présence, ce qu’elle suppute et ce qui en découle tout logiquement. Certes, l’humanité infernal et vil ne peut être que mauvais en soi, et porte également une partie des responsabilités de toute cette souffrance. Cependant, il est clair et irréfutable que la clé de tout ceci se trouve dans la connaissance de la vérité sur le bien et le mal que représente le Tout-puissant.

Et pour enfin lever le voile qui obscurcissait les vastes horizons chatoyants, il fallait devenir impie, hérétique, déchoir peut-être ; il fallait pour transformer l’Etre originel, inabouti et impur, en être complet, d’une essence harmonieuse et raffiné, braver tous les interdits et endurer toutes les ignominieuses souffrances qui se dresseraient sur le chemin de la sagesse. Ce tortueux sentier qu’Eyaël tentait désespérement et avec acharnement de suivre, malgré les embûches et les difficultés. Et quoiqu’il arrive, le séraphin s’y tiendrait. C’était une certitude
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MessageSujet: Re: Renaissance...   Ven 16 Mai - 18:44

Le démon esquissa un sourire à la réponse d'Eyaël. Ce dernier était dans le tort, car le prince des flammes savait qu'il y avait et aura toujours des personnes qui se battent pour 'rien'. Enfin le rien peut être pour s'amuser, pour obéir, ou tout simplement pour tuer... Et comment éradiquer ce besoin chez un être quel qu'il soit ?

- Il y a des être qui ne tuent que pour leur propre plaisir. Parce qu'ils aiment ça. ils voient la mort comme une fin de souffrance, un début de rêve. Ils voient la mort comme quelque chose qui est et restera bien loin d'eux tant que ce seront les autres qui la subiront. Rien ni personne ne pourra enlever ce besoin à ces gens là, alors dans ces cas là, que faire ? Vouloir tous les éradiquer ? Les tuer ? Et tout ce que vous obtiendrez ce sera une nouvelle guerre, si ce n'est que les deux assaillants changeront de but et de motifs...

Le démon posa ses coudes sur la table puis il joignit ses mains avant d'approcher doucement sa tête de celle d'Eyaël. Il murmura ainsi, un sourire légèrement diabolique se formant sur ses lèvres.

- J'ai des preuves, je connais même parfaitement bien ce type de personne.

Plus que bien même, puisque lui même en faisait parti... Tuer pour ne pas être tué, il avait été un des premiers à se proposer pour la guerre, un des premiers assaillants face aux anges, il aimait faire face à la mort et aimait encore plus l'infliger aux autres. Autrement dit, il jouait avec la mort et en tirait du plaisir, beaucoup de plaisir.
Adonis recula sa tête, se redressant sur sa chaise. Il déclara d'un air naturel.


- Une téquila pour ma part.

Son regard croisa le vide de celui d'Ayaë, il se demandait à quel point les autres sens de cette dernière pouvaient être décuplées. Seulement il n'eut pas le temps de se poser plus de questions qu'Eyaël continuait son récit.

Tiens, encore un ange qui en voulait après le 'Tout Puissant' ? Chez les démons, le tout puissant c'était Satan... Mais contrairement à dieu, on était sûr de l'existence du maître des enfers puisque Lucifer l'avait vu de ses propres yeux, il l'avait touché aussi... Enfin bref.
Adonis n'avait aucun jugement sur Dieu. Il ne savait pas si ce dernier existait réellement, s'il était vraiment au dessus de tout ou s'il était un ange qui se pensait supérieur, mais quoiqu'il en soit il savait qu'il était son ennemi. De toute manière dieu ne l'attrayant pas du tout, le prince des flammes refuserait d'obéir pour quelqu'un qui ne se montrait jamais.

Eyael entama par la suite une énooooorme tirade rempli de logique totalement incongrue et ennuyeuse à souhait. Adonis se sentit un peu déçu, voyant qu'il venait de se mêler à une conversation totalement morte, et voyant surtout que l'ange était vraiment d'un ennui...
Le démon repensa à la guerre, à ses préparations... Il commençait à décrocher petit à petit des paroles d'Eyaël, non pas parce qu'elles étaient compliquées, mais parce qu'il s'en fichait totalement. Il regarda la fenêtre dehors, lorsque soudain une once de fatigue l'envahit... Et ses paupières se fermèrent.

Il voyait défiler devant ses yeux la dame qui l'avait giflé... Ayaë, mais que sa tête, parce qu'il était interdit au démon de regarder plus en dessous. La guerre, où il s'était pris quand même une sacré raclée... Mais il n'y avait aucun honneur pour l'ange, il avait été pris par surprise ! Son serviteur était là devant lui, il était en train de peindre.. Ehhh non ! C'est pas Adonis qui peint ! Pas Ankh ! D'ailleurs il lui faudra faire un nouveau tableau, il était inspiré, avec pleins de flammes partout ! Comme dans tous d'ailleurs... Le démon remarqua que son serviteur n'avait plus sa corne. Tiens ? Qu'est ce qu'il en a fait ? ah mais c'est tout à fait normal, il l'a rangé dans cette petite boîte là. Tiens d'ailleurs il y a aussi les cheveux d'Adonis, faudra que ce dernier les récupère. Bon, allons voir dans le salon. Tins un singe, on en trouve pas sur terre de ces bestioles là ? Il a du arriver par une porte sidérale. Un aboiement fit tourner la tête du Prince des flammes. Un chien grognait et aboyait face à lui, alors l'homme fit de même et se mit à grogner.

Après un début de ronflement qui réveilla de lui même Adonis, ce dernier rouvrit les yeux sans même s'être rendu compte qu'il s'était endormi. Des fenêtres, une table, une odeur de nourriture, un ange pas sexy, une déchu beaucoup plus, il était assis... Qu'est ce qu'il faisait là déjà ? Ah oui, Eyaël qui leur racontait sa vie et son opinion sur son dieu. D'ailleurs ce dernier ne disait plus rien.


- Cest fini ? Demanda le démon d'une petite voix en se frottant les yeux.

- Tout compte fait je pense que je prendrais un café. Rajouta t-il en levant un bras pour s'étirer.

Le démon se demanda un instant si l'ange allait se retrouver vexé. De toute manière Ayaë l'écoutait normalement, et Eyaël devait surement préférer l'écoute de la déchue à celle d'Adonis.


- Euh... je crois que j'ai pas tout suivi.. Lâcha t-il d'un air coupable.

- Donc t'en étais au moment où tu disais que ton dieu était un gros boulet.

Le démon avait la sensation d'apprécier déjà un peu plus l'ange, bien que ce dernier soit ennuyant...

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MessageSujet: Re: Renaissance...   Lun 26 Mai - 21:47

[Je suis vraiment, vraiment, désolée pour ce très, très long retard... Mon excuse n'en est pas une, m'enfin... Le fait est que j'étais, disons, légèrement overbookée question interros... Mais maintenant que les notes sont arrêtées, que le conseil de classe arrive (héhé, demain !), je serais là bien plus souvent...]
[Valà, et encore d'solée à Eyaya et Ad' !! ^_^'']


Ayaë écouta avec attention les premières paroles du Séraphin, bien qu’elles soient plus destinées au Démon qu’à elle-même qui les avait plus ou moins déjà entendues. Mais les réentendre lui permettait de cerner un peu mieux l’état d’esprit d’Eyaël, chose qu’elle tentait bien évidemment de faire, histoire de voir si sa sincérité était vraiment totale... Car il fallait se méfier de tout, après tout. La conclusion qu’elle en tira fut celle à laquelle elle s’attendait. L’Ange ne mentait pas, elle –son instinct, ses sens d’once– en était plus que persuadée. Et cela ne fit que la contenter encore plus. Elle avait trouvé en Eyaël une personne capable de la comprendre, pensait-elle, et qui plus est, un Déchu potentiel au pouvoir certain...
Cependant, les arguments qu’Adonis présenta quant à la possibilité de mettre fin à la guerre étaient tout aussi vrais que ceux du Séraphin, bien qu’ils s’y opposaient complètement. Et c’était pour cela qu’il fallait prendre en compte les pensées des deux protagonistes afin d’arriver à une vérité moins réfutable... Chose qu’Ay s’employa à faire. N’était-elle pas, après tout, un semblant de mélange entre les Anges et les Démons, elle qui était Déchue ? Elle, une Ange à la cause démoniaque, pourrait-on dire ? Oui, c’était ce qu’elle était. Et, de là, elle avait accès à tout ce qui concernait les deux races à la fois. Voilà ce qui faisait la force des Déchus, selon elle.


- Mais ces gens-là ne sont pas majoritaires. Ce dont parle Eyaël, c’est de la grande guerre en général, à laquelle chacun, aujourd’hui, a, non pas le choix, mais l’obligation de participer. Seriez-vous d’accord, Adonis, de vous battre pour une cause qui n’est pas la vôtre ? Oui, bien sûr, si l’on considère que se battre veut dire voler la vie et que vous aimez ça. Mais mis à part ce détail ? Votre réponse ne serait-elle pas « non » ?
Oh, bien évidemment, même s’il n’y a plus de guerre, il y aura toujours des personnes pour la chercher et jouer avec la mort, c’est inévitable. Sans ce jeu-là d’ailleurs, entre parenthèses, l’existence serait bien morne. Tout le monde, au moins une fois dans sa vie, éprouve l’envie de se battre. Mais encore faut-il connaître la cause pour laquelle on a la possibilité de se battre. Or, ça n’est pas le cas, si ?


Non, bien sûr que non. Sinon, la discussion présente n’aurait pas lieu d’exister. Ce qui était impossible puisqu’Ayaë ne perdait jamais, au grand jamais, son temps en discours inutiles.

Puis Eyaël exposa sa pensée, son savoir, ses certitudes et les déductions dont avait découlé ce qu’il affirmait, à savoir que Dieu n’était rien, sinon un imposteur ayant très bien réussi son coup.
Son raisonnement paraissait si simple, exposé ainsi ! Comment les Anges pouvaient-ils être aussi aveugles ? Oui, mais, faire un tel raisonnement, pour un Ange, finalement, relevait presque du miracle... Ils étaient tous tellement embrigadés, tellement serviles devant leur pseudo « Tout-Puissant »... Le Séraphin avait choisi, lui, de s’affranchir des siens. Et ce qui en avait découlé était d’une vérité si lumineuse qu’Ayaë entrevoyait presque cette lumière malgré ses yeux aveugles... Dieu engendrait les conflits ? Oui, certainement. Autant que Satan, d’ailleurs, mais c’était une autre histoire. Lui ne se cachait pas. Dieu représentait le bien et le mal ? Peut-être. La Déchue n’en était pas totalement convaincue. Les Anges et les Démons faisaient partie d’un même ensemble, bien que représentant deux facettes opposées ? Cette métaphore quant à elle tira une petite grimace à Ay. Sur ce plan-là, elle n’était pas tout à fait d’accord.
Mais déjà, le Séraphin de la Sagesse avait achevé son bref exposé. L’aveugle, après avoir laissé passer un court moment de silence, prit la parole. Le Prince des Flammes semblait ne pas vouloir parler. Quoi que, son rythme cardiaque était bien lent. Dormait-il ? Oh, et puis, après tout, la Déchue s’en moquait.


- Nous sommes au moins d’accord sur une chose : c’est la nature même de celui que vous appelez « Tout-Puissant », ce nom même me parait bien valorisant pour une puissance se disant bonne et désintéressée, qu’il faut révéler avant de pouvoir envisager sérieusement arrêter cette guerre insensée. Car, en discréditant un de ceux qui ont déclaré cette guerre, elle en devient ridicule. Néanmoins, je ne pense pas que ce Dieu représente le bien et le mal, comme vous le dites. Le bien et le mal ne sont que des mots inventés pour différencier les Anges des Démons. Ils n’existent pas dans la réalité. Ils sont trop absolus. Ce n’est pas Dieu qui les représente, mais chacun des êtres vivants, peu importe son monde. Le bien et le mal sont mêlés en chacun de nous. Dieu ne les représente qu'en tant qu'être vivant, lui aussi, ni plus ni moins.

Et, qu’avait dit d’autre Eyaël ? A propos de... Ah, oui, c’était vrai. Il voulait pouvoir avoir accès au savoir innommable que renfermaient les Enfers. Un savoir qu’un véritable Ange aurait fuit avec dégoût. Décidément, le Séraphin était bien près de ce qu’il appelait déchéance et qu’Ayaë nommait liberté...

- Quant aux documents que vous souhaitez consulter... Je suis prête à vous trouver ce que vous recherchez, néanmoins il me faudra être discrète. Me montrer avec un livre pourrait paraître étrange...

Bien évidemment. Qui pourrait imaginer une aveugle recherchant un objet composé de lettres et de papier ? Quelle utilité, surtout, pourrait-elle y trouver... ?

C’est au moment où elle terminait sa phrase que le léger ronflement d’Adonis se fit entendre. Ay, qui jusque-là était restée d’un sérieux étonnant, eut un petit sourire ironique. Il dormait, comme elle le pensait... Cependant, il semblait s’être réveillé de lui-même. Ce Démon, décidément, était plein de surprises... Alors que le Séraphin de la Sagesse leur offrait des paroles d’un intérêt certain, l’autre trouvait le moyen de sombrer dans le sommeil... Un manque de respect qu’Ayaë n’aurait que très difficilement toléré s’il était question d’elle. Ce qui n’était pas le cas. Et, comme d’habitude, Eyaël ne réagirait pas, lui. Enfin, sûrement.
La Déchue secoua légèrement la tête alors que la Prince des Flammes demandait d’une voix endormie si « c’était fini ». Elle avait l’impression d’avoir affaire à un gamin, parfois. Mais à un gamin follement amusant. Ce qui n’empêchait que...
D’un geste taquin, l’aveugle fit une pichenette sur l’oreille d’Adonis.


- Quelles manières, monsieur le Démon !

Sa voix renfermait tout ce qu’il pouvait y avoir d’ironique et moqueur. Néanmoins, l’expression qu’elle eut ensuite en se retournant vers Eyaël était celle d’une personne indéniablement sérieuse. Un courant de compréhension passait entre elle et l’Ange. Peu importait le reste. Et les autres, aussi drôles soient-ils.
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MessageSujet: Re: Renaissance...   Jeu 5 Juin - 19:51

Oui, c’était certes vrai : Sans le danger, sans cette tentation de vivre, sans ce sentiment qui poussait à vivre, sans la mort elle-même et la peur qui s’en dégageait, la vie n’était plus la vie. Ce n’était plus rien d’autre qu’un amas lumineux de pureté et d’humanité. Et c’était à cet instant que l’humanité disparaissait : Car à force de côtoyer cette chose emplie de paix, de bonheur, à force de vivre dans cet âge d’or, cela devenait si naturel qu’alors, cela dégénérait, devenait décadent et mourrait dans les affres de l’agonie. Ainsi, de même que l’homme mauvais était utile à la préservation de l’humanité en chaque individu, la mort était nécessaire à la vie ; elle faisait son charme, son goût, toute sa divine splendeur. Dés lors, il était inéluctable que certains envies dépravés, dégénérés, ressentent le besoin, la concupiscence de braver les frontières de la mort, de perpétrer des massacres pour assouvir leur besoin, leurs pulsions profondes, éphémères et sans cesses plus grandes et jouir ainsi de toute cette perversion sordide et macabre dans laquelle il se complaisait jour après jour, s’enfonçait sans espoir d’un secours bienheureux. Adonis avait raison là-dessus, c’était certes vrai, mais comme l’avait fait remarqué Ayaë –avec sa perspicacité habituelle, Eyaël s’était exprimé pour la majorité très nette des hommes, des elfes et de toutes les autres races, non point du petit reste. Ce petit reste cupide, avide de sang, de souffrance, d’atrocité ; ce petit reste qui n’avait d’être vivant que le nom tant ils étaient corrompus par le mal originel, engendré par la très Grande Création ; et cependant ce petit reste utile à l’humanité dans leur désir dévoyé, leur monstruosité.

-Ayaë à raison, démon, dit Eyaël, impassible à son habitude, j’englobais par mes dires la majorité, non pas ceux qui sont différents, autres, mais autres dans le mal –Car la différence à sa place en ce monde, et est même une chose bonne qu’il est bon de préserver dans certains cas.

La déchue enchaîna sur son propre point de vue sur le bien et le mal et ce que représentait Dieu. Ses propos étaient empreints de vérité et d’une réflexion que l’on devinait profonde et riche, cependant, le séraphin divergeait avec la déchue sur certains points de son raisonnement. Peut-être était-ce dû à leurs expérience différentes ou à leur esprit qui ne possédait pas les même aspirations, les même ambitions dans les détails, même si leur objectif était commun : Il fallait arrêter les guerres impure, les tueries inutiles ; il fallait dresser des digues pour contenir les fleuves de sang et de désespoir, il fallait endiguer l’avancé du malheur dans ces mondes en perdition ; il fallait qu’une étoile brille dans le ciel obscur et montre la voie, le chemin tortueux semé d’embûches aux pauvres ères qui marchaient dans la nuit. Il fallait qu’à nouveau le monde ligue ses forces, et repoussent celle qui l’asservissait par sa bêtise, son vice et sa malice.

-Le Bien et le mal sont une manières bien manichéennes de voir les choses, commença le séraphin, il faut voir au-delà de ces simples mots, car ils désignent des choses bien vastes. Certes, le bien et le mal ne sont en chacun de nous et ne sont pas représentés par Dieu, cet entité dont on ne connaît ni le nom ni l’apparence. Mais plus encore, le bien et le mal représente en fait le flot de sentiment, de sensation, d’esprit et de matière qui constitue une être vivant, quelque soit son appartenance, sa race, son apparence, toutes ces choses sur lesquelles on juge sans connaître un tant soit peu celui que l’on juge, sans savoir que l’on est soi même jugé par celui là même que l’on catalogue sans vergogne, que l’on classe comme du bétail.

Et ainsi, venait une conclusion logique, à laquelle la raison ne pouvait qu’aboutir :

-Dés lors, en partant de là, reprit Eyaël, non seulement on peut dire que le Bien et le mal sont deux même choses envisagés sous deux angles différents, mais bien plus, on peut conclure sans se tromper que ce sont ces deux représentations de l’essence même des choses qui crée les guerres. Car ce bien et ce mal sont jugés, ils font d’un individu un roi ou un esclave, ils créent les maître et les dominés ; et de ce statut de dominant à dominé naisse la plupart des conflits. Car personne ne peut accepter de se voir fouler au pieds sans se rebeller ; personne ne peut accepter d’être captif sans tenter une mutinerie pour briser ses chaînes ; personne ne peut accepter d’être privé de ses droits, de soi-même sans prendre les armes et affronter le courroux de celui qui asservit.

Eyaël s’arrêta un court instant, guetta une remarque, ou quoique ce soit d’autre, puis continua :

-Mais revenons à mes dires comme quoi le Tout-puissant représenterait le Bien et le Mal. Il est vrai qu’il les représente en tant qu’individu, et que son essence ne lui permet pas de représenter ces absolus ; cependant, c’est son titre qui lui confère ce pseudo absolutisme, cette connaissance du Bien et du mal ; c’est à cause de son titre que certains sont dit « bon » et d’autre « mauvais ». En cela, Dieu représente ce dont je me suis efforcé depuis tout à l’heure de prouver le contraire. C'est donc dans la forme de ce qu'est que Dieu dérange, non dans le fond.

Une flamme vive d’intérêt s’alluma dans les yeux du séraphin alors qu’Ayaë lui assurait son aide pour se procurer les ouvrages précieux, mais contenant des secrets atroces dont le monde aurait dû cacher l’existence jusqu’à la fin des temps. Toutefois, la déchue précisa que cela demanderait une discrétion certaine, ce qui n’étonna pas Eyaël : empruntait quelque chose aux enfers n’était jamais chose facile, et pouvait même se révéler d’un difficulté surprenante.

Lâchant un soupir de dépit en s’apercevant de la stupidité profonde du démon, Eyaël daigna lui répondre gentiment :


-Si vous voulez du café, vous n’avez qu’à commander, je paierai pour vous. Quant au fait que vous n’ayez pas suivi, monsieur le dormeur, cela est votre affaire ! Que voulez vous que j’y fasse moi, si vous vous endormez pendant que l’on vous expose la situation avec délicatesse ? Je vous le demande bien ! Et pour preuve, je n’ai jamais eu la présomption de qualifier Dieu de ce qu’il n’était pas, à savoir de « boulet ». Termes qui vous définit par contre à la perfection, je vous assure maître flambeur !
Tiens, commandez moi aussi un café voulez vous ?


Sans plus de cérémonie, Eyaël se tourna vers la déchue, qui semblait elle aussi, apprécier au plus haut point la conduite de leur ami le démon.
Mais faisant abstraction de cela, Eyaël demanda sans ambages à la déchue :


-Bien, maintenant que cela est dit, quand serait-il possible d’avoir accès à ce fabuleux savoir qui renferme peut-être la clé de ce que nous cherchons chacun.

Il était en effet urgent de mettre la main dessus : il en allait de l’avenir du monde, il en allait de l’avenir de tous les peuples.
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Adonis
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MessageSujet: Re: Renaissance...   Mar 10 Juin - 22:55

Mais le tout puissant bla bla bla... La guerre est mal bla bla bla... les hommes sont fou bla bla bla... il nous faut comprendre pourquoi le Tout puissant bla bla bla...
Le démon se demanda ce qu'il faisait ici, et en quelle compagnie il était tombé. Que de beaux parleurs ! Ils discutaient de ce qu'il fallait faire pour que le monde s'arrange mais n'agissaient pas par la même occasion... Ils prenaient plaisir à parler "de la pluie et du beau temps" dans un café, d'une discussion qu'eux seuls, bon d'accord ils sont majoritaires, s'intéressaient.

Adonis était tombé sur les "savants fou" des deux races, quelle chance ! D'ici quelques heures, une fois avoir tout débattu à propos de Dieu, ils parlerons des casquettes roses fabriquées en chine, non mais quelle honte de faire travailler les enfants !


- Manières ? Mais j'ai rien fait du tout, voyons madame ! Prptesta t-il sur un ton faussement indigné à l'intention de la déchue.

En fait, celle là aussi était bavarde, le fait d'être aveugle avait bien décuplé ses autres sens, surtout la langue ! Quoique... Peut-être était-elle déjà comme ça avant... Avant quoi ? C'est vrai, elle est aveugle de naissance. Mais serait-elle aussi bavarde si elle voyait ? Baaah en apercevant la tronche de l'ange, elle serait beaucoup plus silencieuse surement...

D'ailleurs ce dernier réprimanda le démon. Adonis croisa les bras d'un air renfrogné.


- Ahh c'est pas moi qu'ai torturé mon adversaire sur le champ de bataille ! D'ailleurs avouez que ça vous a fait du bien hein ? Encore un peu et vous rejoignez mon camps. Enfin, toujours est-il qu'il me faut du repos moi pour récupérer... Personnellement je préfère le terme Maître flambeur à boulet... Et puis.. Garçon un café ! S'écria t-il en interpellant un serveur.

Il finit par une dernière phrase en levant la tête vers les radiateurs.


- Et puis qu'est ce qu'il fait chaud ici...

L'ange parla de ce savoir, ce secret qui permettrait soi disant d'arrêter la guerre. Adonis n'y croyait pas, en revanche il était persuadé qu'Eyaël allait se remettre à lacer un très long discours qui risquait d'endormir le prince si son café n'arrivait pas... Ce dernier chercha alors une occupation du regard.
L'ennui est mortel lorsqu'il n'est pas partagé !

Heureusement le serveur arriva bien vite avec deux cafés et la commande d'Ayaë. Le démon regarda son plateau devant, il y avait même deux biscottes à tremper dans le café ! Trop bieeeeeeeen !
Mais il n'avait pas faim.
Adonis commença à boire, il prit d'une main une des biscottes, n'écoutant plus les paroles des deux autres personnes. D'ailleurs, parlaient-ils ?
Il brisa la nourriture en deux, puis en quatre... Inconsciemment, il en fit des petit morceaux par pur esprit de craquer, détruire quelque chose.
Après une autre gorgée de son café, son regard se posa sur la cuillère avec laquelle il aurait mélangé le lait et le sucre s'il en avait mis. Mais il n'en mettait jamais, trouvant que ça n'était pas assez fort même sans.

Le démon mit une des miettes qu'il tenait sur le manche de la cuillère. Il tourna la tête et aperçut un gamin qui lui tournait le dos, mangeant des frites à toute vitesse. Ses parents étaient affères dans une discussion qui ennuyait profondément l'enfant, mais lui avait de quoi s'occuper avec son plat. D'un geste vif, le démon donna un coup au bout arrondi de la cuillère qui fit un tour sur elle même. La miette vola avant d'atterrir sur la tête du petit. Ce dernier leva les yeux, cherchant du regard celui qui venait de lui lancer un projectile.
Adonis fit alors semblant de reporter son attention sur la discussion, mais l'enfant l'avait repéré. Se retenant de rire, le garçon avait aussitôt prit sa cuillère puis avait arraché un morceau de son pain. Il balança la grosse miette sur le prince qui mit sa main devant lui pour l'arrêter. Adonis afficha un large sourire en sentant qu'il se faisait un nouveau copain, mais ses lèvres reprirent leur sérieux lorsque les adultes se mirent à crier leur petit. "Mais... C'est lui qu'à commencé !" se défendait le jeune, mais tout ce qu'il reçut en retour c'est des menaces de ne plus revenir ici s'il balançait encore une seule fois de la nourriture sur les gens.

Quel idiot de s'être fait repéré ! Néanmoins, l'enfant lança un regard complice et en même temps réprobateur au démon avant de se replonger dans ses frites.
Adonis attendit un peu, puis il remit un morceau de biscotte sur sa cuillère. Cette fois, il allait la lancer beaucoup plus fort !
Il leva son bras, ne faisant même plus attention à l'ange et la déchue, puis il donna un gros coup sur la table (qui faillit s'écrouler à ce moment). La cuillère fit un vol plané en direction de la tête de l'ange tandis que la miette atterrissait... Dans le décolleté d'Ayaë !
Ohoh... Elle sentira forcément quelque chose tomber entre... Enfin..


- Rha quel boulet ! S'exclama t-il en reculant légèrement de peur de voir la déchue s'énerver.

- J'vous jure que c'est un hasard ! Je ne vous visais vraiment pas ! Et encore moins... cet endroit...

En revanche, il se fichait totalement qu'à coté, Eyaël se soit prit la cuillère en pleine poire... Où l'ait évité si vraiment ses sens étaient aussi aiguisés que la déchue.

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MessageSujet: Re: Renaissance...   Mer 11 Juin - 15:53

Oui, c’était vrai, Eyaël avait, une nouvelle fois, transposé en mots ce qu’Ayaë –et lui aussi certainement– pensaient. Le Bien et le Mal n’étaient que des leurres, des appellations postiches destinées aux plus sectaires, et qui pourtant s’étaient généralisées. En réalité, le Bien et le Mal, même avec la signification aussi simpliste que le commun du monde leur donnait, ne pouvaient exister l’un sans l’autre. Et, à l’intérieur de chaque individu, de leur alliance naissait la curieuse alchimie qui déterminait le moi profond des gens. Et chaque alchimie était unique, d’où l’unicité de chaque être. Et de cette unicité naissait les différences. Mais, aujourd’hui, chacun voulant être comme les autres, les différences n’avaient plus le même sens, et créaient de nombreux rejetés. Et de là naissaient à leur tour les guerres, au nom de la différence, qu’elle réside dans les modes de pensées, dans les croyances ou même dans l’apparence. Mais cela, le Séraphin l’avait déjà évoqué.
Néanmoins, malgré ces pensées et raisonnements, la déchue était ce qu’elle était. Elle avait beau prouver par de longues argumentations que la guerre était mauvaise, son « alchimie » à elle, justement, n’aspirait pas à la tranquillité qu’engendrait la paix. Non, Ay aimait se battre, tuer aussi, en ce sens elle n’était pas si différente d’Adonis. Et, tout cela, elle pouvait se l’avouer en toute honnêteté... Et l’acceptait. C’était ce qu’elle était, si elle n’en était pas contente, elle n’avait plus de raisons d’exister.


- Personne ne peut l’accepter, non. Et ce sont ces rebellions qui entrainent les guerres. Néanmoins, il est impossible d’empêcher certaines minorités d’asservir des peuples. C’est l’essence même de la Création, comme vous, les Anges, l’appelez, et il faut penser avec cette réalité à l’esprit. Une réalité certes sombre, mais une réalité tout de même. En pratique, je ne pense pas que l’annihilation des guerres soit possible. Vous jugerez peut-être ma pensée pessimiste, mais c’est ainsi. Ce contre quoi je me révolte, donc, c’est la guerre présente qui voit s’affronter les Anges et les Démons.

L’aveugle s’apprêtait à continuer lorsqu’Adonis lui répliqua qu’il n’avait « rien fait du tout ». La déchue eut une moue bien peu convaincue, qui dut passer inaperçue car c’est à ce moment-là que le Séraphin réprimanda à son tour le démon. Avec un peu moins de finesse, certes. Mais c’était un homme, après tout. Mais la réponse, toute aussi fine tant dans son contenu que dans son ton, intéressa l’aveugle, mine de rien. Ainsi donc elle avait vu juste... Les sous-entendus du Prince des Flammes étaient clairs. Lui et Eyaël s’étaient apparemment bien amusés durant la bataille de Celestia. Enfin, surtout l’ange. D’où l’inimité qui semblait régner entre ces deux là...
Puis le démon fit une quelconque remarque à propos de la forte chaleur qui régnait dans la pièce. C’était vrai, en plus du monde qu’il y avait, les gérants avaient eu la bonne idée de mettre les radiateurs en marche... Mais cela restait tout de même supportable, même pour Ayaë qui n’appréciait pourtant pas vraiment les températures élevées.
Enfin. Cela n’avait pas d’importance. Ay revint brusquement à sa conversation avec le Séraphin de la Sagesse. L’interruption du démon avait permis à l’aveugle de rassembler ses idées et, surtout, avait sûrement fait méditer Eyaël sur les paroles de son homologue déchue. Et peut-être avait-il pris conscience que, malgré leurs nombreuses ressemblances, lui et la déchue possédaient d’encore plus importantes différences. Les différences, oui, encore et toujours.


- La guerre qui a lieu en ce moment même, oui. Car, comme nous venons de le dire, les guerres ont forcément une raison. Et une raison valable. Une partie luttant contre une autre qui l’oppresse, par exemple, comme vous l’avez si bien dit. Mais, n’est-ce pas un comble que de mener une guerre sans raison ? Et d’envoyer à la mort des centaines de millier d’individus pour une cause inconnue ? Cela... Cela, je ne l’accepte pas. Je ne l’accepterai jamais. Et la cause de cette guerre sans cause est Dieu. Satan également, mais lui ne cache pas ce qu’il est. Ce « Tout-Puissant », de par son existence, a créé les barrières qui aujourd’hui séparent faussement le « Bien » du « Mal ». En fin de compte, ce Dieu qui se veut si bon ne vit que sur les mensonges que les Anges, et les autres peuples aussi finalement, acceptent sans y réfléchir.

Ayaë allait encore poursuivre quand un évènement complètement inattendu se produisit...
Quelques minutes auparavant, un serveur était venu apporter leur commande au groupe et, Adonis, paraissant s’ennuyer fermement, avait entrepris, lui semblait-il, de se venger sur une quelconque biscotte. Car elle avait entendu pendant quelques temps le son caractéristique que fait la biscotte lorsqu’elle se brise. Entendu, oui, et ce n’est pas peu dire quand on a l’ouïe aussi fine que la déchue. Mais cette dernière n’avait pour une fois pas fait de commentaires, trop absorbée par ce qu’elle et Eyaël se racontaient.
La suite l’avait toutefois fait sourire intérieurement. Un démon jouant à balancer un morceau d’elle-ne-savait-quoi –de biscotte peut-être– dans la salle. Oui, elle le savait. Elle entendit parfaitement le sifflement que produisit dans l’air le petit projectile. Le plus comique fut lorsqu’on lui répondit. Malheureusement, l’autre joueur sembla quitter bien vite la partie.
Ce qui se passa ensuite, par contre, ravit un peu moins l’aveugle. En effet, elle ne s’attendait pas le moins du monde à ce qu’Adonis se montre si peu discret –d’aucuns auraient dit si bourrin– en frappant sur la table. Surprise, elle sursauta légèrement. Et ragea intérieurement. Elle, sursauter ? Quelle honte... Mais ce fait majeur, enfin, pour elle, fut aussitôt éclipsé par un autre.

Oui, c’était bien de la biscotte que le Prince des Flammes s’amusait à balancer. La chose qui venait de se glisser dans son décolleté piquait, exactement comme de la biscotte. Elle ne l’avait même pas entendue arriver. Et n’avait donc pas pu l’éviter. Avec un geste pas le moins du monde gêné, elle glissa deux doigts dans son t-shirt pour en ressortir le malheureux projectile.
A présent, se posait une question : comment réagir ? Adonis avait fait ses excuses immédiatement, mais Ayaë n’était pas non plus réputée pour sa clémence ou encore son pardon facile... Devait-elle rire de cet accident ou bien s’en énerver ?... La question ne se posa pas longtemps, à vrai dire. Il lui suffisait de trouver le juste milieu entre les deux propositions.
D’un geste désinvolte, elle renvoya donc l’audacieux fragment de biscotte vers son propriétaire. Sans douceur, cette fois. Le projectile rebondit sur le front du démon.


- Boulet, oui, c’est bien le mot... Vous voyez, Eyaël, même lui le reconnaît, maintenant. Quant à ce hasard...

L’aveugle, d’un geste d’une lenteur maîtrisée, attrapa son verre et avala quelques gorgées. L’alcool était glacé. Parfait.
Puis toujours aussi calme, elle se pencha légèrement vers le Prince des Flammes, dans une attitude pleine de sous-entendus. Néanmoins, si une chose était certaine, c’était que dans sa voix, sous les allusions, transpirait la menace.


- ... j’ose espérer, justement, que c’en est un.

Faisant mine de tirer un trait sur l’incident, Ayaë se retourna vers le Séraphin afin de répondre à la dernière question qu’il lui avait posée.

- Quand ? Dès que possible... C'est-à-dire dans très peu de temps. Deux jours tout au plus. La littérature aux Enfers est quelque peu délaissée malgré son intérêt certain, et accéder aux œuvres est extrêmement facile. La seule difficulté sera pour moi de me faire discrète. Les gens là-bas ont en effet bien peu l’habitude de voir une aveugle se promener avec des textes écrits en langue « courante », dirais-je...

Oui, ce ne serait pas difficile... Et même, elle avait chez elle des ouvrages plutôt intéressants, surtout pour un ange curieux. Mais ils étaient en braille, et elle doutait qu’Eyaël, malgré sa culture, sache le lire.
Puis Ay reprit son verre et but de nouveau.


- Mais, si vous le voulez bien, remettons la fin de cette conversation à plus tard... Notre ami le démon pourrait recommencer à faire des bêtises, si nous continuons à l’ennuyer ainsi.
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MessageSujet: Re: Renaissance...   Sam 14 Juin - 18:48

C’était inéluctable en effet, le monde, l’humanité toute entière possédait ce triste destin d’être attiré, corrompu par la haine, la colère l’avidité et la cupidité. C’était un fait inexorable que l’on ne pouvait nier sans nier la Création elle-même. Cependant, l’humain, et toutes les autres races, aspirait tous à un absolu de perfection et de beauté ; seul les fous et les êtres sibyllins n’avaient pas cette aspiration divine qui transcendait même les choses les plus basses et viles. C’était ceux-là qui engendrait les conflits en refusant leur condition et leurs aspiration et la transformant en un autre but démoniaque : détruire l’humanité imparfaite, la saccager, et en retirer du plaisir, le plaisir interdit. Des êtres tels que ceux-ci existeraient toujours, car il fallait toujours qu’une contradiction, une rébellion ai lieu, pour montrer aux yeux de tous qu’ils étaient dans le droit chemin. Le tout était que cette abjecte humanité ne prenne pas l’ascendant sur ce qui était bon, beau, agréable au sens, d’une essence pure.

-Tu as certainement raison, répondit Eyaël à Ayaë, l’annihilation complète des conflits, même les plus infimes est impossible. A moins, peut-être, de changer la nature même de ceux qui peuplent les mondes et leurs ésotérismes. Mais qui peut-prétendre à cela ? Dieu y prétendait, c’est certes vrai, mais j’ai démontré moi-même qu’il n’était pas ce qu’il prétendait être. Alors qui, qui aura cette folle audace de pouvoir se changer lui-même et de changer les autres ? Si quelqu’un possède cette puissance, qu’il le dise alors, mais qu’il ne parle pas en vain, par présomptuosité ; qu’il prouve ses paroles et se mette à l’œuvre devant les peuples tout entier, venu assister à la rédemption.

La déchue enchaîna sur son point de vue propre, sur lequel Eyaël divergeait. Ayaë pensait, s’il comprenait bien le sens de ses dires, que les guerres inutiles étaient inutiles, étaient horribles et pernicieuse ; elle ne l’acceptait pas et voulait lutter contre elles. Cependant, si la cause était noble et juste, si le combat était vertueux, les combattants honorables, alors, la déchue n’avait rien contre. Car il fallait bien des révoltes pour se libérer du joug des oppresseurs, il fallait bien des mutineries pour renverser les rois, il fallait bien des révolutions pour que les systèmes décadents se brisent définitivement et laissent la place à une ère nouvelle.

-Il est vrai, enchaîna Eyaël, que certaines guerres sont bonne dans leur cause, je l’accorde bien volontiers. Cependant, le concept en lui-même est-il bon ? Je ne le crois pas, car dans ce cas, tuer, ôter une vie par les armes, n’est plus un crime, et dés lors, des esprits dégénérés et étriqués peuvent interpréter le fait de tuer comme normal, non-prohibé, et se mettre à massacrer n’importe qui, pour sa simple jouissance. Ne vaut-il pas mieux briser ses chaînes par la force de son esprit et non pas par celle de son corps ? N’est ce pas bien plus noble de faire plier l’adversité par son intellect, sa raison implacable et son jugement impartial, semblable à ceux des Dieux que certains peuples vénèrent ? Cela éviterait bien des guerres, bien des victimes d’atroces choses de ce que l’on pourrait, là aussi, qualifier de guerres inutiles.

Eyaël s’arrêta un court instant, rassembla sa pensée, ses réflexions, et parla à nouveau de sa voix grave et posée en toute circonstance :

-Quant au mensonge de Dieu, je ne le mets pas en doute, cependant, j’émets peut-être une réserve que certaines citations m’ont fait émettre. Dieu à peut-être agit dans le faux espoir de préserve l’humanité de sombres secrets. Secrets qui seraient renfermés dans le livre maudit aux multiples noms, l’Al Azif, le détestable Nécronomicon.
Car il est dit par Cogan :


« Quant à moi qui ai lu quelques chapitres de ce livre maléfique dans la version anglaise du Dr Dee, je me dois de vous mettre en garde. Ecoutez, ô coeurs intrépides, les paroles d'un explorateur de la connaissance et de la vérité qui, ne craignant ni hommes ni dieux dans sa jeunesse, tremble à présent quand approche l'obscurité et n'ose plus sombrer dans le sommeil avec son cortège de cauchemars terrifiants. Ecoutez-moi, et si vous possédez un peu de sagesse, fuyez au plus loin cet ouvrage démoniaque, où votre raison pourrait bien vaciller et s'effondrer dès les premières pages. »

Il est dit encore :

« Ne cherchez point par delà les horizons lointains, ne cherchez point par delà l’éternelle nuit, les secrets de l’horreur et de la peur, que les Immortels eux même craignent et tiennent éloignés d’eux ; ne tentez pas de percer l’obscurité qui vous entoure, ô âmes perdues, car cette clarté innommable que vous découvririez ne serez pour vous que l’aube d’une révélation ténébreuse qui plongerait votre existence dans les affres de la peur dans son essence pure ; Préservez votre raison du poison de la folie, mes enfants, vous que j’envie alors que déjà sonne l’heure : le soleil se couche, perdu dans le lointain et abat sur moi la terreur de la vérité. »

Et la Nécronomicon, est l’œuvre du seigneur. Quel sont donc les vérités que Dieu veut nous cacher et que ceux qui savent craignent tant et tant ? Ce n’est pas sans raison, et je la découvrirais.

Eyaël s’interrompit et regarda, perplexe, le démon s’amuser avec une cuillère et une biscotte. Jeu véritablement amusant vraisemblablement. Et qui ne plaisait pas qu’au démon. Cependant, son coéquipier parut se lasser, et arrêta l’amusante chose qu’Adonis se plaisait à faire, avec une maturité qu’Eyaël ne lui aurait jamais soupçonné auparavant. Le séraphin n’y prêta guère attention, jusqu’à ce que le malotru et maladroit eut la bonne idée de tenter de briser la table en deux –au risque de se faire mal lui-même, en frappant avec une délicatesse certaine sur la cuillère dans lequel reposait un morceau d’une biscotte qui devait être délicieuse autrement qu’un petit bout, à moitié grillé par le contact avec le corps du démon. Eyaël n’eut pas le temps de se demander ce que devenait le bout de biscotte, ni même la table, il y’eut une formidable explosion de couleur tandis que la cuillère entrait en collision avec son visage.
Eyaël sentit la fureur s’emparait de lui tandis que ses yeux reprenaient peu à peu contact avec la réalité et ne baignaient plus dans l’univers coloré où l’avait plongé le tir d’Adonis. Le séraphin sentait une douleur lancinante, insupportable l’envahir et annihiler sa raison. Hors de lui, tentant cependant de garder une once de calme, Eyaël se leva vers Adonis qui s’était promptement reculé –et avait certainement bien fait. Dominant le démon de son imposante stature, Eyaël se pencha doucement vers celui-ci pour se trouver à sa hauteur et approcha sa tête, de celle d'Adonis, pour lui murmurer à l’oreille quelques mots :


-Deux fois déjà, maître Flambeur, que vous m’importunez. Deux fois m’entendez-vous ? J’espère pour vous qu’il n’y en aura pas de troisième. Je suis aussi réputé pour ma sagesse que pour ma colère, le savez-vous ? Essayer de vous faire oublier si vous ne tenez pas à voir à quoi ressemble mon ire. Cela pourrait malencontreusement vous portez un fâcheux préjudice. Préjudice dont je me lave bien évidemment les doigts.

Eyaël se releva à moitié, regarda Adonis avec un air de pitié absolu peint sur le visage, puis, appliquant ce qu’il avait voulu faire, le séraphin repoussa le visage du démon de la paume de sa main.

-Avez-vous bien compris, Démon ? Ou faut-il que je sois plus explicite ?


Dernière édition par Eyaël le Sam 28 Juin - 10:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Renaissance...   Sam 14 Juin - 19:08

Oui c'était un malheureux hasard... Le démon avait regardé d'un air inquiet la déchu l'étouffer de son odeur enivrante et douce de femme, il prêta attention à la menace bien qu'il savait qu'il réussirait toujours à s'arranger pour qu'elle ne soit pas mise à exécution. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres en contemplant le caractère sauvage de la dame. Cette puissance qui se dissimulait en elle et cette manière féline d'imposer le respect aux hommes plaisait grandement au prince des flammes.
Ce dernier répondit d'une voix redevenue naturelle, calme et confiante.


- Cela ne se reproduira plus.

Il s'apprêtait à se retourner et s'étirer, lorsqu'un homme, ah oui c'est l'ange lui, s'approcha à son tour. Il l'avait déjà oublié celui là... Il ne semblait pas content, pourquoi ? Ah oui, la cuillère... Baaaaah rien que ça, fallait pas se mettre dans des états pareil. Les paroles du séraphin déplurent au démon, qui ne manqua pas d'afficher un sourire sarcastique et provoquant. Et il se croyait fort parce qu'il était plus grand et plus gros ! Mais cette fois Adonis savait à qui il avait affaire, et il était toujours sur ses gardes quoiqu'il arrive.

- Il me semble que la première fois vous n'avez fait que jouer la lâcheté. Je trouve que vous vous énervez bien trop vite monsieur le sage, apprenez donc à vous tenir ça vous évitera de faire des crises de colère, c'est très mauvais vous savez.

L'ange repoussa la tête du démon avec sa paume, mais ce dernier attrapa vivement le poignet du Séraphin pour l'écarter. Tenant toujours sa main, Adonis approcha à son tour sa tête pour répliquer de toute son arrogance. Peut-être d'ailleurs était-il plus grand que l'ange sous sa forme démoniaque, mais si ce dernier allait trop loin, le prince n'hésitera pas à reprendre sa forme originelle.

- Passez donc à l'action au lieu de proférer de stupides menaces, je serais curieux de voir si vous serez dominant si cette fois je suis sur mes gardes.

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MessageSujet: Re: Renaissance...   Sam 14 Juin - 19:37

Entre l'Égypte et le Japon, il n'y a pas de mer à traverser. Des milliers de kilomètres à parcourir, avec des heures de repos bien méritées. Enfin... Si ce n'est que les heures de repos était étaient beaucoup moins reposantes lorsqu'on voyageait avec une sale gosse. D'autant plus qu'avoir des ailes c'était utile mais horriblement usant. Mais dans la cervelle d'un certain ravisseur, ne se trouvait qu'un infime pois qui réclamait à manger, et de bonne qualité ! Il n'avait pas vraiment pensé à transporter sa nourriture à l'état de cadavre tranquille plutôt que de l'emmener avec lui en parfaite santé. Lorsqu'ils étaient en l'air, ça allait car elle avait si peur de tomber qu'elle se recroquevillait sur elle même et s'endormait. Mais quand c'était au tour du vampire de chercher du repos et de se poser afin de calmer ses ailes noires... Quelle peste ! À donner des coups de pieds, à mordre, à brailler sans cesse, à toujours se débattre et ne cesser d'appeler ces stupides volatiles qui les suivaient sans cesse. Et ils étaient bien plus léger et rapide que l'homme pour qu'il puisse les attraper pour les faire griller. Je le sais, car il a déjà essayé. Les matins il était réveillé par les cris de l'enfant. Avant de partir il devait la bâillonner après qu'elle lui ai craché dessus. Quand il la détachait il fallait absolument qu'il protège ses tibias car il ne pouvait pas retenir tous les coups. Cette garce avait même essayé un jour un autre endroit... Il se trouve que grâce à un fabuleux réflexe de l'agresseur, elle avait frappé sur sa main et non sur ce qu'il y avait juste derrière. Quand ils s'envolaient, il fallait attendre qu'ils soient au moins à 10 mètres du sol pour qu'elle se calme enfin. Et lors de l'atterrissage, elle s'accrochait aux cheveux du vampire. Une fois au sol elle le pinçait, elle le mordait au doigt pour pas qu'il l'attache... Mais je vous vois venir ! Faut pas oublier que c'est elle qui a été kidnappée ! C'est elle qui est à plaindre ! rhooooooo !
Pauvre petite enfant qui n'a rien fait de mal...

Une puanteur absolue s'éleva de la grande ville qu'ils approchaient. Même l'hérétique plissa les yeux et fit la grimace. La fillette en revanche se mit à tousser dans les airs, elle toussa si fort que l'homme se demanda s'il ne valait pas mieux se poser. Si elle mourrait asphyxiée la viande s'avérerait être très mauvaise ! Et de la viande polluée... berk berk !
Une fois au sol, il sortit aussitôt une corde et avec une vitesse a guérie par l'expérience attacha les mains de l'enfant avant qu'elle ne lui donne des coups de poings. Il fallait quitter la rue sinon elle ne supportera pas plus longtemps la pollution ! Le vampire emmena sa proie vers une sorte de café, le premier bâtiment qu'il voyait à vrai dire. À peine fut il rentré à l'intérieur que l'enfant se mit à crier.


- Lâche moi ! *keuf* *keuf* ça pue ici ! *keuf* *keuf* J'veux par... *BUUUUUUUUUUUUUUURG*

Et elle lâcha une belle galette sur le kidnappeur avant d'éclater en sanglot, poussant de grands "ouiiiin". Au moins, elle ne toussait plus... Enfin plus beaucoup. Le vampire recula puis, de colère, gifla violemment l'enfant. Cela ne fit qu'accentuer les hurlements de cette dernière. Il voulut la prendre à la gorge mais elle le mordit sauvagement. Il poussa un cri de rage et s'apprêta à lui donner un coup de pied dans le ventre mais Cornac et Lomba entrèrent à leur tour pour fondre sur le vampire leur bec en avant.
Il les évita de justesse, mais l'enfant en profita pour s'enfuir. Elle courut dans les toilettes, les mains toujours liés. Malheureusement la poignée était trop haute pour elle et elle ne réussi pas à ouvrir la porte.


- Lylie ! La table là bas ! Cours y ce ne sont pas des humains ! Demande leur de t'aider !

S'écria le corbeau en s'envolant vers le plafond avec la colombe pour éviter de se faire attraper. Ellena se mit alors à courir sous tous les regards sidérés des clients de ce restaurant, vers une table composée de trois personnes debout. C'est vrai qu'il n'était pas courant de voir débarquer une gamine aux mains liés et aux oreilles pointues, poursuivie par un homme aux dents étrangement pointues et aux griffes acérés, et en plus deux oiseaux beaucoup plus imposants qu'à la normale. C'était des oiseaux elfes, normal.
Elle voulut sauter sur une chaise mais sous estima sa taille et s'étala dessus dans un boucan pas possible.


- Aiiiiiiiiiiiiiiiiiie ! S'exclama t-elle avant de se réeclater en sanglot, allongée sur le sol ses deux mains tenant son genou.

- Mais tu vas arrêter de fuir ! S'écria le vampire en s'approchant vivement de l'elfe.


[hrp : je précise juste, quand les animaux parlent, c'est dans le langage animal hein ^^

Ah aussi, me tuez pas le vampire hein, j'en ai encore besoin au cas où il me faudrait un moyen de locomotion xD]
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MessageSujet: Re: Renaissance...   Dim 15 Juin - 13:32

Qui appelait là Eyaël ? Une personne ayant la volonté de se changer elle-même et de changer la pensée du monde ? Oh, bien sûr, comme toujours, c’était une belle image, un doux rêve... Mais un rêve justement, une utopie. Peut-être cette pensée pouvait-elle paraître cynique, et l’était à certains égards. Ce qui n’empêchait qu’il n’existait nulle part une telle personne... Eyaël envisageait l’idéal, lui. Ayaë restait quant à elle réaliste... Plus ou moins.
Et c’est toujours avec ce triste réalisme que la déchue analysa la tirade suivante du Séraphin... Certes, se libérer de ses chaînes et de l’esclavage par l’esprit était beau et élevant pour l’âme. Néanmoins, quels dominants se laisseraient faire par quelques esprits libres, de nos jours ? Quels oppresseurs cèderaient devant l’intellect supérieur d’un opprimé ? Aucun... Personne –ou presque– n’accordait plus d’importance à la force de l’âme. Seule comptait la supériorité physique. Pour preuve, les seuls esprits qui se démarquaient par leur intelligence étaient des personnes sachant également faire preuve de force physique. C’était triste mais c’était ainsi. Et ainsi s’éteignaient ce qu’avaient été les caractères les plus nobles de la Création.
Puis vint l’évocation de l’innommable livre que les humains ignorants attribuaient à l’Arabe fou Abdul Alhazred... A la mention de cet ouvrage, Ay laissa tomber son réalisme pour afficher un sourire mystérieux. Et ne prononça que quelques mots.


- Le Necronomicon... Je pourrais vous dire bien des choses encore ignorées du monde à son sujet...

Que pourrait-elle en dire ? Ah, ça, c’était un secret. Secret qu’elle ne dévoilerait qu’à Eyaël, dans un endroit où ils seraient seuls et certains d’être à l’abri d’oreilles indiscrètes... Bien qu’elle se doutât qu’Adonis prête une quelconque attention à leurs paroles. Mais on n’est jamais trop prudent.

Comme elle l’avait dit auparavant, l’aveugle cessa, pour l’instant, sa discussion avec le Séraphin de la Sagesse. Elle ne souhaitait en effet pas ennuyer le Prince des Flammes plus longtemps. Après tout, c’était lui qui les avait conduits dans ce bar. Et qui l’avait invitée à prendre un verre, bien qu’il n’ait pas un rond sur lui. Mais ceci n’était qu’un détail.

Puis Ayaë vit, avec une certaine surprise, Eyaël s’énerver. Ou même plus. Les battements du cœur de l’ange que l’ouïe de la déchue percevait sans effort montraient en effet un sérieux énervement. Le Séraphin était hors de lui. Les mots qu’il jeta ensuite au démon ne faisaient que confirmer cette impression.
Le sourire mystérieux d’Ay ne mua en un rictus amusé. La suite promettait...
Et elle promit, oui, effectivement. Après de brèves paroles, de nouveaux pleines d’assurance à l’aveugle, Adonis se retourna vers son ennemi, sûr de lui. Et... trouva le moyen de provoquer et d’énerver encore plus l’ange. C’était du moins que ce supposait Ayaë. La situation devenait vraiment amusante...
Quoi que... Si les deux protagonistes se mettaient à se taper ouvertement dessus, la déchue serait bel et bien obligée de faire quelque chose. Il y avait des humains dans la salle, tout de même. Non pas qu’elle se souciât de leur vie, non, mais elle préférait simplement éviter les problèmes. Car s’occuper d’humains choqués par la vision d’un affrontement entre un Séraphin et un démon –qui pouvait très bien reprendre sa forme démoniaque d’origine– était long, laborieux, et vraiment pas intéressant. Et Ay n’avait vraiment, vraiment pas envie de se retrouver avec ces petits humains sensibles sur les bras. Comme si elle n’avait que ça à faire, quand même...
Donc, devait-elle intervenir afin de calmer les choses ou bien rester là, immobile, à s’amuser en étudiant les comportements des deux ennemis ?... Elle en était à se dire qu’il lui suffisait d’attendre et de voir comment viendrait la suite quand l’odeur parvint à ses narines...

Une odeur lointaine, si faible qu’elle crut l’espace d’une seconde l’avoir imaginée. Mais c’était impossible. L’odeur était d’une pureté inimaginable sur Terre. Si elle la sentait, c’était que quelque chose d’inhabituel se produisait, ou allait se produire... Cette odeur, si fraîche, évoquant pour l’aveugle le bruissement du vent dans des feuilles qu’elle ne pouvait pas voir, un soleil chaud sur sa fourrure immaculée d’once... Une senteur pure et subtile. Une senteur comme celles qui n’existaient qu’à un seul endroit. Sylvania. Cette odeur était celle des elfes.


- Vous... Vous sentez cela ?

Les mots lui avaient échappé. Il fallait dire que la déchue était troublée. Depuis quand les elfes connaissaient-ils la Terre ? Et quand bien même il la connaîtrait, depuis quand s’y promenaient-ils ? Bien sûr, cette odeur devait échapper aux deux hommes qui entouraient Ayaë, leur odorat n’était pas assez fin, mais elle était tellement surprise que cette remarque lui avait échappé. Et puis...
Ay cessa de réfléchir. L’odeur était là. Elle allait... elle venait d’entrer. Un cri, un bruit étouffé, comme si on se débattait, un ordre qui ne faisait que le confirmer... La voix était féminine, bien qu’étrangement aigue... Un peu comme celle... Impossible ! Et pourtant... L’elfe en question, celle qui dégageait une si douce odeur et qui se débattait, n’était rien d’autre qu’une gamine ! C’en faisait des surprises pour un seul jour !...
Puis une seconde effluve parvint aux narines de l’aveugle. Ses pensées ironiques disparurent. L’odeur qu’elle percevait à présent était tout aussi singulière que celle de l’elfe, bien que bien moins agréable. Une odeur de sang, de relents de pourriture et de... vomi. Ah bah oui, ça, c’était la gamine. Mais, malgré cette dernière senteur, il n’était pas moins sûr que ce second arrivant était... un vampire. Un vampire en train, selon tout vraisemblance, de s’en prendre à une petite elfe.
Pardon ? Une gifle à présent ? Et la fillette qui se remettait à hurler et gambadait apparemment dans la salle soudain silencieuse... Ayaë devinait presque les regards stupéfaits des clients. Mais... Une gifle. A une gamine. Donnée par un vampire. Qui vraisemblablement avait faim. C’en était presque trop pour Ay. Qu’un vampire se fasse un dîner d'une elfe ne la regardait en rien, certes. Sauf si la scène se jouait sous ses yeux. Ou sous son nez, plutôt, vu que ses yeux avaient une utilité plus que limitée... Quelqu’un avait dit que ce qui se passe devant une personne relève de sa responsabilité. La déchue était tout à fait d’accord. Et elle ne tenait pas à laisser une petite fille sans défense se faire frapper une personne bien plus forte sans réagir. S’il y avait bien une chose qu’elle ne supportait pas, c’était l’injustice. Et la méchanceté gratuite. Et elle avait non loin d'elle une personne, en l'espèce du vampire, rassemblant tout cela en une seule fois...
Le pauvre... Ne donnons pas cher de sa peau...

Ayaë s’apprêtait à intervenir lorsque l’elfe se dirigea d’elle-même vers sa table. Et se cassa apparemment la figure. En un bon, Ay fut auprès de la fillette. Elle était incapable d’expliquer pourquoi, mais elle éprouvait un irrésistible élan de tendresse envers cette gamine. L’animal en elle, surtout, percevait ce sentiment si incongru. Mais elle ne chercha pas à comprendre ce qu’elle ressentait. Pas pour l’instant. Elle suivait son instinct, point barre. Et son instinct lui hurlait d’intervenir.


- Ne pleure plus, petite elfe... Je suis là... Ce vilain monsieur ne te fera plus de mal, je te le promets...

Un murmure rassurant dans l’oreille de la fillette tandis qu’une main douce lui déliait les poignets... Un murmure prononcé d’une voix tendre si peu habituelle venant d’Ayaë...
Mais, malgré sa gentillesse inaccoutumée, elle n’en restait pas moins sur ses gardes. D’ailleurs, elle s’était positionnée entre le vampire et sa proie, histoire de le ralentir un temps. Et ce n’était pas parce qu’elle lui tournait le dos qu’elle était vulnérable. Bien au contraire. Et, si ce vampire n’avait ne serait-ce qu’une once d’intelligence, il se rendrait compte de ce que les humains étaient les seuls à ne pas sentir. L’aura. Ay qui, habituellement, bridait son aura, la rendant faible et quelconque par soucis de discrétion, venait de la laisser s’exprimer entièrement. Et se montrait par là hostile envers le vampire. Elle espérait ainsi le faire un peu réfléchir... Voir fuir. Et bien oui, on était déchue du 8ème cercle ou on ne l’était pas. Et Ayaë l’était. Malheureusement pour le petit vampire...
Quant à Eyaël et Adonis... L’aveugle espérait qu’ils auraient assez de jugeote pour cesser leurs querelles idiotes et venir l’aider... Car, elle avait beau se montrer menaçante, protéger une petite elfe et s’occuper d’un vampire en même temps était un peu au dessus de ses moyens...
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